Si j'aime beaucoup Le Partage des eaux, j'accueille ce Siècle des lumières avec beaucoup plus de réserve. Carpentier a les moyens d'insufler un souffle épique, c'est évident, mais ce roman souffre à mes yeux d'un écueil fréquent du roman historique, qui consiste à mêler assez artificiellement figures historiques et personnages de fiction. Même chez un écrivain de grande classe comme ici, le résultat est très artificiel. Les personnages imaginés sont fadasses, et de Victor Hugues, on ne saura pas grand-chose en définitive. Les scènes s'enchaînent de façon virtuose mais parfois gratuite, l'ennui guette, la vérité romanesque qui se dégage de cette construction paraît assez faible et convenue.