A une époque, DeLillo se plaisait à mettre en scène des vieux écrivains plus ou moins misanthropes ou cachés ou bougons en rupture avec une société qu'ils ne comprenaient plus ; mais il savait regarder aussi à côté pour étudier un minimum ce que cette société avait de sidérant.
Aujourd'hui, il s'est encroûté jusqu'à devenir un de ces personnages et il nous explique en cent pages que quand même on est un peu trop sur nos téléphones et que quand y a la crise bah on sait plus se parler. Et il fait bloquer un de ses perso sur le concept de cryptomonnaie - enfin pas sur le concept, uniquement sur le signifiant – pour essayer de nous persuader qu'il est encore dans le coup.
Plutôt pathétique et cruel à la lecture, et agaçant en même temps parce que le type peut quand même vendre cette brochure stupide et sans intérêt, dépassée et muette, sur le seul poids de son nom.
Prosaïquement, ça ressemble vaguement à du théâtre de l'absurde nul couplé à n'importe quel bouquin de littérature blanche depuis les années 90 sur le bégaiement ; un lieu unique, cinq personnages enfermés, et des mouvements mécaniques pour compenser la déshumanisation des vilains ordinateurs / téléphones / écrans divers qui tombent en panne.
Ringardos à en crever vingt ans avant d'avoir été écrit. Merde quoi, quand on est en retard sur Tryo faut quand même commencer à se poser les bonnes questions. C'est bien trop branleur et faussement abstrait pour intéresser les jeunes et tous les autres sont déjà au courant. Ca ne sert tellement à rien.