Zemmour n’est finalement que l’archétype de la réaction française classique (au sens de réactionnaire). Le seul tabou qu’il transgresse, c’est Vichy, réhabilitée en dépit du bon sens – et des éléments historiques. Le salut des Juifs français est évidemment imputable à la géographie française, à la zone libre, à l’intégration des Juifs depuis la Révolution française. En somme, la fuite (vers d’autres pays, ou en France libre) et la sollicitude des concitoyens, résistants ou non.
Pour le reste, que dire ?
Zemmour détricote les quarante années qui ont soi-disant défait la France, à travers des chapitres courts où l’ASSE et NTM le disputent aux immigrés et à l’Europe. Ne sont retenus que des éléments factuels alimentant ses thèses fumeuses, le reste étant soigneusement occulté ou caché sous le tapis de l’idéologie. La manipulation continue avec les citations tronquées, les chiffres jetés en pâture, artificiellement gonflés, ou carrément détournés. Ceux sur l’immigration sont assez consternants à cet égard, puisque le polémiste est soit incapable de lire les rapports statistiques officiels, soit un menteur éhonté. Ou un peu des deux, ce qui ne m’étonnerait qu’à moitié.
Ses victimes ?
Les femmes, les homosexuels, les immigrés, l’Europe, le libéralisme, les pantouflards, les soixante-huitards, et plus généralement, tout ce qui s’éloigne un tant soit peu de son modèle bonaparto-gaullien. Le syndrome « c’était mieux avant » fonctionne à plein régime, sans filet de sécurité aucun. Peut-être faut-il rappeler à Zemmour les bienfaits de l’Union, les chiffres de l’Université de Lille sur l’immigration, des travaux autres que ceux de Hugues Lagrange.
Marine Le Pen a en tout cas de quoi nourrir sa « pensée ».