Cette fois c'est acté, ces romans du sorceleur sont définitivement les romans de Ciri, l'enfant qui a été formée à la fois à la magie et à être sorceleuse, sans être tout à fait ni l'une ni l'autre.
Le premier roman s'achevait sur Ciri reprenant la route après ses diverses formations. Celui-là la verra cette fois s'affranchir de l'influence de ses formateurs.
Saga bien construite donc, avec un découpage précis, ce qui pêche souvent dans ce genre de séries.
Au niveau de l'univers, c'est de la fantasy pure, avec son cortège de monstres et de magie, et ses combats à l'épée. Sapkowski ayant cartographié avec précision son univers, il laisse ici se déployer les intrigues.
C'est donc le tome des remises en question, celui où se dévoilent les enjeux, où se complexifient ceux qui existaient déjà.
C'est le tome où Ciri, affranchie qu'elle le veuille ou non de la tutelle de Geralt et Yennefer, va découvrir le monde par elle-même. Où elle va confronter ce qu'elle a appris avec la réalité, et voir de quel bois elle est faite réellement.
L'aventure est lancée, véritablement, et sur de telles bases qu'on attend avec impatience la lecture de la suite.
Car si le trajet est balisé, on sait comment on construit ce genre d'histoire, Sapkowski montre qu'on peut en renouveler l'intérêt, et le fait qu'il passionne déjà sur ce qui n'est en définitive que les prémices de l'aventure donne forcément de grosses attentes pour la suite.
Non pas qu'on n'ait pas notre quota d'action dans ce volume.
Au contraire.
Mais là où elle paraissait avant comme éparpillée au gré des rencontres, le récit se laissant porter par elle, ici au contraire c'est l'action qui devient au service d'un récit qui se concentre de plus en plus. L'action ne raconte plus le monde. Cela a déjà été établi dans les précédents volumes. N'ayant plus fonction d'exposition, elle est aussi plus rapide, plus nerveuse.
Bref, on se régale.