Évidemment, c'est Jules Vernes, donc l'objectivité des notes élogieuses est forcément biaisée par le prestige de l'auteur.
Comment prétendre à une quelconque lucidité littéraire si on s'inscrit en porte-à-faux d'un immortel de la plume ?
Cependant, m'est avis que le récit n'aurait pas atteint la moyenne, si les lecteurs en eussent ignoré l'auteur.
Cependant, bien que je sois généralement indulgent et bon public, je m'efforce néanmoins de faire abstraction de l'aura de l'auteur dans l'appréciation d'une œuvre.
Or, quel ennui que ce voyage en 80 jours, dont j'ai lâché l'affaire une fois les voyageurs à Singapour.
Il ne se passe pas grand-chose, et le seul vrai fil rouge consiste à suivre les étapes successives des protagonistes d'un port à l'autre, avec un indispensable mappemonde sous le coude.
Bon passe-partout est un personnage intéressant et truculent, mais ça ne fait pas un livre, ni une intrigue solide, aux rebondissements inoubliables.
Les noms de lieux défilent dans une inénarrable froideur, et il n'y aura guère que les géographes en herbe qui trouveront leur bonheur dans cet annuaire sans saveur, calligraphié au pas de charge.
Finalement, c'est un récit étrange dans sa construction, qui ressemble davantage à un journal de bord auquel l'auteur aurait voulu rajouter quelques petits passages d'autofiction, se rappelant de temps à autre, que sa production est normalement destinée à être divertissante.
Il y a des livres qui se situent toujours dans le même lieu, mais qui nous font bien plus voyager que cette oeuvre mineure.