J'ai adoré la possibilité de lire ce livre à plusieurs niveaux. Les thèmes (la peine de mort, l'imagination, la cruauté, l'humanisme, etc.) sont universels, intemporels, et c'est ce qui permet à Jack London d'inscrire son roman dans une dimension supérieure. La capacité à alterner les formes de plume donne un souffle constant au roman. Les interludes qui font revenir le lecteur à la triste vie du narrateur dans sa prison de San Francisco offrent un aller-retour qui dynamise la lecture. L'effacement progressif de la distinction entre l'évasion et le réel visent à illustrer la pensée de London selon laquelle l'esprit et le corps peuvent se dissocier, et que l'esprit fini par prendre le dessus sur le corps par sa capacité à modeler la réalité.
Petit bémol : le passage en Corée m'a un peu ennuyé, mais c'est aussi parce que le Moyen-Âge c'est boring !!