Je voulais interroger GRANDIN [le psychiatre de sa femme dépressive] sur cette réalité, justement, sur ces liens invisibles qui nous reliaient les uns aux autres, qui faisaient que nous étions tous censés avoir envie de vivre un jour de plus. Et que, pour cela, nous étions prêts à tous les compromis, tous les accommodements raisonnables. Il me fallait une réponse de spécialiste, une réponse immédiate à une question que j’étais incapable de formuler.
Les accommodements raisonnables, quatorzième roman de Jean-Paul DUBOIS, est une tranche de vie qui s’étale sur une année (de février 2007 à janvier 2008, 12 chapitres) et qui concerne un scénariste, sa famille et des personnages secondaires.
A l’image de son héros, Jean-Paul DUBOIS écrit des histoires (relativement simples) en tentant de les rendre les plus excitantes possible. Et il y parvient l’artiste ! En effet, une grande partie de l’intérêt de ses romans repose sur son style satirique souvent drôle, et son ton désabusé et lucide. Il est capable de retranscrire la tristesse, comme lorsque la femme du narrateur, Anna, profondément déprimée, emménage dans une maison de repos; ou comique quand par exemple il mise sur un cheval perdant lors d’une course hippique en Californie, ou encore lorsqu’il adopte un Kombucha, champignon vivant aux multiples vertus…
On retrouve les thèmes récurrents et les passages obligés dans l’œuvre de l’auteur: la famille, l’enterrement, le psy, le sexe, la tondeuse à gazon (!).
Sans atteindre l’excellence de KENNEDY et moi, ce roman se laisse lire avec beaucoup de plaisir. 7,5
(critique rédigée en 2010)