Diantre, que la première partie est plaisante à lire ! Mes mirettes se sont rassasiées de ces affinités électives entre ces 4 personnages. Quatre personnages, pas un de plus, pendant 169 pages, l'auteur va jouer avec, les faire évoluer, les confronter entre eux, confronter leurs idées, les faire exprimer ses pensées. Arrivé à la fin, j'étais conquis et parti pour dire que Goethe, malgré son mauvais "Les Souffrances du jeune Werther" est un grand auteur.
Et puis survient la seconde partie. Inutilement bavarde, remplie de personnages qui ne font que passer, de conversations vaines, de citations de l'auteur-même qu'il fait passer pour les pensées d'un de ses personnages. Les enjeux narratifs sont pauvres et n'ont de cesse de décevoir (les deux morts de la fin) ; fallait-il vraiment en arriver là ? Pour moi, on sort du sujet, tout l'intérêt était de voir comment ces personnages allaient assumer leurs sentiments. Dans la deuxième partie, on dirait que l'auteur fait tout pour ne pas aborder son sujet, il se sauve par quelques vilaines pirouettes déplaisantes qui font regretter d'avoir tant apprécié la première partie. Alors que dans la première il osait donner des sentiments à ses personnages, ici ils ont perdu de leur saveur, de leur humanité, ils ne sont plus que des pions guidés par un romantisme exacerbant.
Heureusement, le bougre sait tenir sa plume et concocte quelques très beaux paragraphes, quelques dialogues bien sentis, que ce soit dans la première ou deuxième partie. Il a le sens de la mise en scène, il sait quels mots choisir pour décrire un lieu avec économie ; il sait également comment rythmer une phrase (peut-être devrais-je féliciter le traducteur pour cela), quand la terminer, quand la prolonger.
Bref, la première partie est admirable, la seconde est déplorable ; mais en tout et pour tout, l'écriture est imparable.