Un fort petit bouquin -ou une grosse nouvelle peut-être- sur les pérégrinations erratiques du « Trek » (sans M. Spock), cette nuée de plus de 2000 vaisseaux qui arpente l’espace enfini en quête d’une terre d’accueil, car la Terre n’est plus…
Depuis des siècles, les « avaleurs de vide », les vaisseaux-éclaireurs partent en reconnaissance afin de dénicher la « planète-eden », autant dire trouver une aiguille dans une botte de foin. Jofe D’mahl le réalisateur se joint à l’énième expédition de nos migrants qui n’ont plus rien ni personne pour les accueillir… à moins que… il part néanmoins avec l’équipe d’éclaireurs pour en avoir le coeur net.
Spinrad délivre à la fois un pessimisme et un optimisme inattendu, basé sur des probabilités que nous sommes bien en mal d’infirmer ou de confirmer, même aujourd’hui avec toutes les ‘exo-planètes’ que nous avons découvertes : dans toute la galaxie, combien de chances de tomber sur une planète similaire à la nôtre qui abrite la vie ? la vie est-elle un simple accident ou apparait-elle ponctuellement, éparpillée dans le cosmos ?
Spinrad nous dévoile sa réponse à la fin : il s’agit d’une pirouette intéressante et un peu absurde. Ce petit bouquin est étonnant, sans doute bien trop court mais assez dense, une sorte de spleen du voyageur devant l’immensité. En même temps, il nous fait croire que la caravane survit sans peine dans l’espace, se berçant du vieux rêve de la technologie souveraine et libératrice en quelque sorte.
Un livre intrigant qui fait réfléchir en tout cas, à l’ambiance inimitable, une petite fable cosmique en somme !