Dans un cadre de la nature campagnarde, Amélie Nothomb nous présente deux couples avec deux tendances de vie différentes. Emile et Juliette représentent un couple très optimiste qui sait résister face aux aléas de la vie, se relever et garder confiance et espoir en l’avenir, c’est pourquoi ils ont une meilleure santé et une vie plus agréable. Ils sont maigres et satisfaisants de leur vie.
En revanche, les Bernardins incarnent un couple pessimiste. Ils ont du mal à surmonter les épreuves. Face à son dégoût de la vie, Bernardin décide de se suicider. En tant que pessimiste, Bernardin emmerde sa femme et ses voisins. Cette tendance s’avère dans les paroles d’Emile à Bernardin : « votre vie n'est pas une vie ! Vous êtes une masse de souffrance et d'ennui. » P. 53.
Il va sans dire que l’on soit pessimiste ou optimiste ce trait de personnalité définit notre manière d’interpréter le monde : « Mais moi, j’aime la vie, c’est différent. »P.53 indique Emile à Bernardin.
Sur un autre plan, Bernardin peut incarner les contraintes de vie qui nous obligent à changer nos valeurs. Emile avoue à Juliette : « - Le problème, Juliette, ne tient pas à notre devoir, mais à notre pouvoir….- Quand on a soixante-cinq années de politesse derrière soi, est-on capable d'en faire fi ? »P. 12. La réponse de cette question réside à la fin du roman quand ces contraintes ont transformé Emile à un assassin qui trouve des justifications pour tuer.
Les références grecques et latines qui sont l’uns des caractéristiques d’Amélie Nothomb paraissent dès le titre du roman « Les Catilinaires ». De même, comme Emile était un professeur de grecque et latin, il évoque, tout au long du roman, les mythes romains citons : « le Mythe de pénélope ».
Nous remarquons le dialogue qui donne aux personnages l’occasion de s’exprimer librement ce qui rompe la monotonie de la narration. L’humour a joué un rôle important dans ce roman notamment à la rencontre de M. Bernardin et les tentatives envisagées par le couple pour se débarrasser de lui.
En général, les personnages sont bien caractérisés. L’auteur décrit ses personnages minutieusement, par exemple la description de Bernadette : «]elle[ ne possédait pas de nez ; de vagues trous lui tenaient lieu de narines. De minces fentes situées plus haut comprenaient des globes oculaires : peut-être des yeux, dont rien ne permettait d'affirmer qu'ils voyaient. »P.24.
Outre, l’analepse ou le Flash-back domine tout le roman, puisqu’Emile, dès le début, raconte des évènements antérieurs. En effet, le narrateur agit dans ce roman comme l’œil d’une caméra suivant les gestes des protagonistes de l’extérieur, la focalisation est donc externe.
Malgré le style adéquat et la description détaillée des personnages, le roman parait lassant et dans certains cas illogique. Emile, symbole de politesse et de respect, est transformé tout à coup à un assassin qui ne sent pas de culpabilité. La question se pose : est ce qu’on a le droit de tuer quelqu’un parce qu’il déteste sa vie ?