J'ai lu ce livres pour les premiers poèmes davantage que pour les complaintes. Pourtant ces poèmes sont ajoutés comme un bonus.
J'en avais lu des extraits qui m'avaient beaucoup plu dans un livre (très dispensable) d'André Compte-Sponville. Il n'y a malheureusement pas d'autres extraits qui me plaisent que ceux que j'ai lu avant de lire ce recueil.
Jules Lagorgue y parle beaucoup de sa désillusion suite au fait qu'il ne croit plus en Dieu. Du but de son existence qu'il a perdu. Il est profondément mélancolique et peine à se distraire, à trouver quelque chose à faire sur terre. C'est cette recherche mélancolique d'une quête qui m'a beaucoup plu et dont je cite les extraits :
*Et j'erre à travers tout, sans but et sans envie,
Fouillant tous les plaisirs, ne pouvant rien aimer,
N'ayant pas même un dieu tyran à blasphémer,
Avant d'avoir vécu dégoûté de la vie.
Mon cœur repu de tout est un vieux corbillard
Que traînent au néant des chevaux de brouillard.
Prométhée et vautour, châtiment et blasphème,
Mon cœur est un cancer qui se ronge lui-même.
Mon cœur est un noyé vidé d'âme et d'espoirs
Qu'étreint la pieuvre Spleen en ses mille suçoirs.
Mon cœur est une horloge oubliée à demeure
Qui bien que je sois mort s'obstine à sonner l'heure.
Mon cœur est un ivrogne altéré bien que saoûl
De ce vin noir qu'on nomme universel dégoût,
Oui, ce monde est bien plat ; quant à l’autre, sornettes.
Moi, je vais résigné, sans espoir, à mon sort,
Et pour tuer le temps, en attendant la mort,
Je fume au nez des dieux de fines cigarettes.*
Je n'ai trouvé aucun intérêt, aucun plaisir à lire les complaintes.