De la difficile transition du statut de Donjon Master à celui d'écrivain

Les crépusculaires est avant tout la création d'un univers de Fantasy particulièrement bien torché, que ce soit sur les plans ethnologique, géographique et politique ou sur celui de la magie. Cette dernière est omniprésente et extrêmement fouillée, dans ses diverses déclinaisons.


C'est à dire avec ses trois ordres : jornistes, obscurantistes, eclipsistes, mais également avec les magies parallèles des divers peuples qui habitent le monde imaginaire de M. Gaborit : lutins, farfadets, nains, fées noires, ainsi que celles qui celles qui découlent de la musique (accordés ou contre-accord, ce dernier étant incarné par le clavecin). Mais également avec les créatures qui permettent sa mise en oeuvre, les Danseurs. N'en jetons plus, il y avait là de quoi créer un jeu de rôle complet et original (ce que l'auteur, étant rôliste, a d'ailleurs fait en 1999, quelques années après la parution du cycle). Il y aurait également matière à écrire bien d'autres romans.


Alors, me direz-vous, pourquoi seulement une note de 7 ? Eh bien, parce que "Les crépusculaires" pêchent à mon sens sur un plan littéraire. Même si par ailleurs, le fait qu'il s'agisse des premiers écrits de M. Gaborit, incitera tout de même à l'indulgence.


Car la narration et le style d'écriture sont plats, et peinent à faire ressortir la dimension épique que l'on peut attendre de tout œuvre de Fantasy, en dépit d'un solide scénario. Du coup, la plupart des personnages manquent d'épaisseur psychologique et restent bien souvent cantonnés dans les archétypes du genre. Dit autrement, il ne suffit pas de leur assigner un alignement - au sens des jeux de rôles - pour en faire des êtres vivants pour lesquels le lecteur va s'émouvoir. Enfin, corollaire de toute cela, "Les crépusculaires" manquent totalement d'humour, ce qui place le livre à des lieux d'un "Gagner la guerre" de Jaworsky, pour n'en citer qu'un.


Bon là j'ai été un peu méchant, ca ça reste tout de même un bon bouquin et peut-être en lisant une production plus récente de son auteur constaterait-on certains progrès...

Marcus31
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le 7 mai 2016

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