On nous vend ça comme un pamphlet virulent écrit lors de l’Occupation… Alors, on s’attend à trouver à chaque page un vomi de haine, des insultes tous les trois mots… En fait, assez peu. Il y a bien quelques réflexions et insultes antisémites, mais pour vous faire une idée, on doit en trouver à peine vingt, sur presque 600 pages (collection bouquins). Par contre, certains portraits de personnalités de l’époque sont d’une rare violence, au point qu’ils en sont drôles : je pense à Malraux et Mauriac notamment ; et même Wladimir d’Ormesson dans une moindre mesure.
On a donc, en réalité, affaire à des mémoires, qui, je pense, apportent un regard assez précis et iconoclaste sur l’époque, et sur certains milieux. J’ai en tête la description du fonctionnement miraculeux du journal de l’Action Française, avec la figure de Maurras, qu’on appelait « Maître », ou encore la description de l’armée de 40, vue par un deuxième classe, et qui apporte un éclairage intéressant sur la désorganisation scandaleuse de cette armée ravagée par l’ignorance, par ses élites, de ses conditions matérielles (à voir aussi le passage de la visite médicale, où l’auteur constate la décrépitude de la population française de l’époque, pour les fameux c’était mieux avant).
A lire pour qui veut un éclairage (qui me semble) réaliste sur certaines conditions de la vie quotidienne de l’époque, et bien écrit de surcroît.