Chez moi, la lecture, c'est un peu une année sur deux. Une année où elle est un peu laissée en jachère, une trentaine de livres lus au mieux, au profit des autres médias. C'est généralement celle où rien ne me tente et où, quand je parcours les rayons, rien ne semble attirer mon regard. Je me contente simplement de relire mes classiques préférés. Et puis il y a la seconde, celle où je dévore livre sur livre, où je découvre de nouveaux auteurs et fais des découvertes qui m'enchantent tout au long de l'année. Cette année ne fait pas exception à la règle, sur la trentaine de livres déjà lue, j'ai pu découvrir plusieurs auteurs que je suivrais de près dans les années à venir. Je pense à la merveilleuse Naomi Novik qui m'a séduite avec son "Déracinée", Jeanne-A Débats qui a réussi à me faire dire que la Bit-Lit pouvait être drôle et intéressante avec "L'héritière" ou justement Hélène Lenoir qui m'a enchantée avec son premier roman.
Il faut avouer que sans mon éclaireur Babe, je ne serais probablement jamais tombée dessus. Le titre n'accroche pas plus que ça et de prime abord rien ne le différencie de la pléthore de livres de son genre qui sortent chaque année. Rien, si ce n'est une petite phrase sur la quatrième de couverture :
Marc est un prince [...] Quand sa princesse, à la suite d'une faille juridique, se révèle être un deuxième prince, tout aussi mécontent de la situation, les deux fiancés partent en quête pour détruire l'enchantement qui les relie.
Certes, je vous l'accorde, ce n'est pas grand-chose, mais ça a suffi. J'ai une faiblesse pour les contes qui prennent le contrepied des histoires traditionnelles. Autant vous dire que je n'ai pas été déçue. J'ai mis un certain temps à le lire, non pas parce que le livre était mauvais, mais justement parce qu'il était tellement bon que je n'avais pas envie de quitter son univers.
La grande force du récit, c'est de prendre deux protagonistes tout ce qu'il y a de plus classique et de les plonger eux aussi dans un univers classique. Contraints par les codes du récit à accomplir leur rôle de prince pour le bien de leur pays, ils se retrouvent liés de la façon la plus étrange qui soit. À partir de là, le récit s'accélère et tout part en vrille, se moquant allègrement de tous les clichés qui font le récit de fantasy en général tout en les suivant à sa manière.
C'est drôle, intelligent, rafraîchissant, ça marche particulièrement bien et on se laisse emporter par le récit très facilement. Le groupe que l'on suit est assez hétéroclite et il y en a de tous les goûts, personne n'est parfait et personne ne se pose en héros absolus, grand personnage principal d'une histoire où ses compagnons ne font office que de figurants.
Je pourrais en parler longtemps sans arriver à expliquer pleinement pourquoi je l'ai aimé et pourquoi je vous encourage à le lire sans tarder. Ami belge, sachez déjà que vous aurez (très injustement) du mal à le trouver en libraire, l'auteur n'est pas (et c'est un mystère) éditer en Belgique, il faudra passer par internet pour le commander.