Comme tous les romans de Caterina Bonvicini, Les femmes de pourrait aisément être adapté au cinéma et l'on imagine déjà le film qui en serait tiré, une comédie on ne peut plus italienne, entre cruauté et tendresse. Voici donc 7 femmes, de toutes les générations, qui attendent ensemble, un soir de Noël, la venue d'un homme qu'elles ont chacune en commun dans leur vie puisqu'il s'agit de leur fils, père, frère, mari actuel ou passé, amant. Mais le dénommé Vittorio ne viendra pas. Mieux (ou pire), il annonce qu'il va disparaître pour une année entière. Caterina Bonvicini donne la parole à chacune de ces 7 femmes, à tour de rôle, dressant des portraits sans concession de leurs petits et grands défauts et de leurs relations entre elles, pas mal fondées sur la jalousie et la méchanceté, au départ, mais qui vont évoluer dans un sens assez inattendu et apaisé. La construction chorale du livre est très futée et propose au passage une vision acerbe de la bourgeoisie d'une ville, Milan, que la florentine Caterina Bonvicini n'épargne pas. Vittorio va-t-il enfin réapparaître ? C'est tout l'objet du dernier chapitre qui propose un twist étonnant qui a un double effet : rendre un peu dérisoire tout ce qui a été écrit auparavant et "renverser la table", comme on le dit aujourd'hui pour tout et n'importe quoi. Un pari risqué que cette conclusion mais bien dans l'esprit d'une romancière qui aime bien secouer ses lecteurs, comme on a pu s'en apercevoir dans L'équilibre des requins ou Le lent sourire, par exemple.

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le 1 juil. 2020

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