Ce que j’ai retenu :
1. Une instabilité gouvernementale alimentée par les élites
Après la crise politique et économique, la République de Weimar est dirigée par une succession de chanceliers sans base parlementaire solide.
• Heinrich Brüning mène une politique pro-business et d’austérité, gouvernant par ordonnances présidentielles.
• Il est remplacé par Franz von Papen, qui réalise un véritable coup de force institutionnel en destituant le gouvernement social-démocrate prussien, avec l’appui du président Paul von Hindenburg.
• Papen est à son tour écarté au profit du ministre de l’Armée, Kurt von Schleicher, qui tente de gouverner par une coalition hétéroclite associant la droite conservatrice, une partie de la gauche syndicale et l’aile « sociale » des nazis.
• Schleicher échoue et est renversé par une manœuvre conjointe de Papen et d’Adolf Hitler, qui parviennent à convaincre — voire contraindre — Hindenburg de nommer Hitler chancelier.
2. Un parti nazi affaibli fin 1932
Contrairement à l’idée d’une marche irrésistible vers le pouvoir :
• Le NSDAP est en recul électoral à la fin de 1932 et reste en dessous de la majorité absolue.
• Le parti est profondément divisé entre deux lignes :
• celle d’Hitler (« alles oder nichts »), refusant toute participation gouvernementale sans pouvoir total ;
• celle de Gregor Strasser, favorable à une participation aux gouvernements Papen ou Schleicher.
• Cette impasse radicalise la base militante, notamment les SA, et fragilise le leadership d’Hitler, qui évoque même un temps le suicide.
• La stratégie de Joseph Goebbels, mettant l’accent sur un discours social (jusqu’au soutien à une grève des transports à Berlin), accentue les tensions internes et contribue à l’affaiblissement momentané du parti.
= Hitler n’a jamais obtenu la majorité absolue par les urnes.
3. Un terrain préparé par les gouvernements conservateurs
Les gouvernements Brüning et Papen ont objectivement pavé la voie aux nazis :
• généralisation du recours aux ordonnances,
• marginalisation du Parlement et non-prise en compte des résultats électoraux,
• violations répétées de la Constitution au profit d’un exécutif ultra-centralisé autour du président Hindenburg.
• la constitution n’a pas été changée : c’est la pratique qui l’a tordue de libérale à autoritaire
Le pouvoir fonctionne alors selon un effet de cour :
• Hindenburg est entouré de conseillers révérencieux,
• les décisions sont largement guidées par ses affects personnels et la crainte de perdre sa fortune familiale. Les milieux agrariens vont jusqu’à lui financer un terrain en échange de lois favorables, créant une usine à scandales que Hitler utilisera ensuite pour faire pression sur le président et obtenir sa nomination