Deuxième incursion chez Dostoïevski après Le Joueur il y a tout pile un an. Et sans hésiter, je pense que c’est l’auteur qui m’impressionne le plus dans les classiques que j’envisage de lire. Je laisse donc de côté Les Frères Karamazov et L’Idiot pour l’instant, et me concentre sur ses premières œuvres plus accessibles.


Tout comme pour Le Joueur, j’ai d’abord été assez décontenancé par ces personnages un peu dingues. Ici encore, les émotions des personnages débordent à un point où ils ne peuvent presque plus parler de manière cohérente. En premier lieu bien évidemment, ce narrateur rêveur qui discute avec des maisons (une des meilleurs petites idées du roman) mais également cette Nastenka qui reste attachée à sa grand-mère par une épingle pour éviter qu’elle courre les garçons (deuxième meilleure idée du livre).


La première partie où le narrateur raconte sa solitude à travers les rue de St Pétersbourg est assez belle. On sent déjà le chaos dans ce premier monologue, où les idées fusent de partout et s’enchaînent de manière un peu décousues mais terriblement rafraichissantes. La présentation de ce même personnage à Nastenka suit le même schéma, flirtant parfois avec l’incompréhensible. Mais si ce langage et cette cascade incessante d’analogies et d’idées m’ont d’abord un peu fatigué, elles finissent par impressionner. Malgré une certaine difficulté à bien comprendre ce que veulent dire les personnages (je crois que la traduction très juste d’André Markowicz doit jouer), on se rend bien compte qu’on est face à une écriture unique, débridée, chaotique mais fascinante.


Et pourtant, je crois que j’aurai aimé que Dostoïevski pousse le curseur encore plus loin dans la folie. La dernière nuit blanche des deux protagonistes apparaît un peu répétitive à force de “Je t’aime, moi non plus”. Les deux héros restent relativement attachants, mais peut-être trop lyriques, flirtant très légèrement avec le mièvre, pour vraiment faire ressentir au lecteur leurs peines et leurs joies. Pourtant la construction de l’histoire est vraiment réussie : la solitude du rêveur, la rencontre tant attendue avec un être aimable, l’éventualité du bonheur et ce twist implacable qui vient tout détruire.


Même si je crois que j’ai préféré le Joueur pour sa vivacité, les nuits blanches est sûrement le livre qui m’aura donné envie de pousser plus loin mes lectures du maitre Russe. Très lyrique, gentiment chaotique et très bien construit, Les Nuits blanches reste une petite nouvelle très réussie. Mais je sais que Dostoïevski peut pousser la folie encore plus loin, et je suis très curieux de découvrir ça.

Hunkydorus
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le 5 janv. 2026

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