Avec "Les nuits blanches", Fiodor Dostoïevski livre un conte sentimental aussi bref qu'intense.
A l'heure vespérale communément désignée sous le terme "entre chien et loup", à Saint-Pétersbourg, au bord d'un canal urbain alimenté par la Neva, une rencontre se prépare entre le narrateur, un petit bourgeois solitaire empreint d'idéal, un rêveur sans grande ambition, et une jeune femme inconnue, semblant éplorée et solitaire, et exposée aux risques d'une mauvaise rencontre. Deux êtres qui entrent soudain en contact avec la rapidité de comètes ; une relation balbutiante faite de passion étouffée d'un côté et d'un grand besoin de consolation de l'autre. Au fil des soirées passées ensemble à se confier, à se découvrir et à se lier, les deux protagonistes vont faire l'expérience de toutes les nuances de la relation amoureuse : respect, amitié, complicité, affection, tendresse, amour, passion et aussi... désillusion, frustration et déception.
En peu de pages, Dostoïevski transmet spleen et intensité à cette rencontre et à cette relation. Son style impeccable, les dialogues plein de spontanéité et de sincérité et l'atmosphère (péters)bourgeoise se teintent d'un léger pathos autobiographique.
Pendant ma lecture, je me suis revue visitant l'appartement de l'auteur dans la capitale occidentale russe et j'ai imaginé l'auteur à son bureau, apercevant la Neva et ses perspectives par la fenêtre de son cabinet de travail. Sa profonde expérience et connaissance des troubles sentimentaux et des aspirations humaines font de Dostoïevski un conteur entre réalisme et romantisme. Son goût du drame et son talent pour le mettre en scène s'expriment pleinement à travers "Les nuits blanches".