Ca y est: le Hutin est enfin débarassé de son épouse, et en prime il gagne le droit d’épouser une femme adorable et discrete qui ne risque pas de le mener à la baguette.
Le voilà tout ragaillardi le roitelet, et il fonce tête baissée dans la bataille.
Oui mais voilà quand on n’est pas fait pour être chef, on ne le devient pas du jour au lendemain.
Et l’on suit notre éphémère souverain qui s’empêtre peu à peu dans la boue, et son entourage qui à force de complots s’évertue à l’y maintenir.
Le portrait de Louis X est tellement peu flatteur qu’on se demande s’il était vraiment aussi benet. Pourtant, Druon nous fait bien comprendre à plusieurs reprises que le caractère limité du brave Louis ne serait pas un problème s’il n’était pas roi, comme pour nous signaler qu’il ne faut pas lui jeter la pierre (mais un peu quand même). La fin du monarque est brutale et semble briser une belle évolution puisque c’est seulement dans les derniers chapitres que le colérique Louis se met à prendre de vagues attitudes de souverain.
En tout cas c’est passionnant et chaque tome possède assez de personnalité pour qu’on puisse les lire indépendamment les uns des autres, à condition de garder quelques vagues notions des caractères de chacun (mais le gentil Maurice prend la peine de nous faire de régulières piqûre de rappel).