En ce froid hiver parisien, la PJ est pour une fois délestée de toute enquête criminelle, et le commissaire Maigret lui même, peu à l'aise avec l'oisiveté, n'a pas trop la tête à son travail, essentiellement administratif entre deux affaires.
Au point que lors de la visite étrange d'un homme qui prétend que sa femme souhaite l'empoisonner, c'est un Maigret passif et peu concerné qui l'interroge, et l'individu profite d'un instant d'inattention pour filer, sans même laisser son identité complète.
Plus tard dans la journée, c'est la femme en question qui se présente au Quai des orfèvres, et tient à peu près le discours inverse, prétendant que son mari est neurasthénique et paranoïaque...
Même si aucun crime ou délit n'a (encore) été commis, Maigret pressent une menace réelle dans cette situation conjugale fébrile, et décide de mener une enquête discrète, en dépit des protestations du Procureur.
Simenon nous offre une nouvelle fois des portraits psychologiques fouillés et réalistes, avec des protagonistes comme souvent haut en couleurs, qui donneront bien du fil à retordre à son célèbre commissaire, confronté parallèlement au temps qui passe, et au vieillissement de sa chère Madame Maigret.
L'originalité de ce polar des années 50, qui dépeint en creux la société française de l'époque, c'est que cette fois l'enquête précède le crime, et non l'inverse.