Libration
7.9
Libration

livre de Becky Chambers (2016)

De la difficulté à être soi-même (en acceptant les autres)

Un joli roman choral, très intimiste, qui relate le parcours de vie de deux personnes, dans l'univers solarpunk de Chambers. Ce n'est que le second bouquin de cette autrice que je lis, mais elle a indéniablement une touche, une patte personnelle que l'on retrouve d'un livre à l'autre. Jamais de violence, des relations sociales empreintes de solidarité et de bienveillance et ce sans jamais sombrer dans un conformisme qui confinerait au cul-cul. Ici, on pourrait voir cela comme le parcours initiatique de deux personnes, qui pour des raisons très différentes, ont eu un parcours de vie plutôt cabossé. Et qui parviennent l'une comme l'autre à l'émancipation, un état que Chambers qualifie de Libration. Bon, il ne s'agit pas à proprement parler d'une émancipation collective, ça reste très individuel (États-Unis obligent). Même si l'émancipation dont il est question n'est rendue possible qu'à travers la solidarité.

Après, ce qui est intéressant et plutôt bien rendu, c'est que l'une des deux personnes en question est en fait une intelligence artificielle. Si l'histoire de Poivre (la personne humaine) est assez classique (enfant esclave modifiée génétiquement pour travailler dans un atelier de recyclage sur une planète usine) pour le genre de la S.F, celle de Lovelace l'est beaucoup moins, puisqu'il s'agit donc d'une IA conçue pour assurer la surveillance d'un vaisseau spatiale et transplantée dans un corps humain qui avait au départ été prévu pour une autre IA, malencontreusement détruite à la suite d'un crash système (se référer au volume précédent de la série Les voyageurs). Et là, c'est très très bien imaginé, entre les difficultés que connait Lovelace à s'adapter à un champ de vision restreint, à l'absence de connexions avec les réseaux extérieurs, à son code qui lui interdit de mentir... On a finalement un personnage qui est indubitablement doté d'une conscience, mais qui est prisonnier des limites que lui impose son corps et son éducation (son codage en fait).

Voilà, je ne veux pas en dévoiler beaucoup plus, mais tout ça forme un bel ensemble, cohérent, ainsi qu'un hymne à la tolérance entre espèces (y compris artificielles) que l'on peut bien entendu extrapoler à la tolérance au sein de l'espèce humaine, avec ses divers genres et races.

Marcus31
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le 15 août 2025

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