L'abbé Pierre Froment prend le train pour se rendre en pèlerinage à Lourdes. Il accompagne Marie de Guersaint qui souffre d'une paralysie des jambes. Les deux jeunes gens se connaissent depuis leur enfance mais la vie les a séparés. Pour contenter sa mère, Pierre est entré en religion mais sans véritable vocation et Marie vit clouée dans un fauteuil à la suite d'une mauvaise chute de cheval. Leur séjour à Lourdes leur redonne l'espoir : pour elle, de récupérer l'usage de ses jambes et pour lui, de trouver une réelle foi en Dieu. Mais la religion a sa part de mystère et les miracles ne tombent pas forcément du ciel…
Emile Zola m'a une fois de plus convaincue et j'ai voyagé avec grand plaisir à ses côtés, durant ces cinq journées de pèlerinage à Lourdes. J'ai retrouvé la grotte de Lourdes, la vieille ville, la maison natale de Bernadette, les marchands d'articles de sainteté, les processions aux flambeaux, les messes, la magnifique Basilique… en fait, rien n'a vraiment changé entre le 19 août 1892 (date de son séjour avec Alexandrine) et le 19 août 2023. le négoce des « marchands du Temple » est encore plus lucratif, l'eau bénite coule à flots, et des foules extatiques de milliers de pénitents-pèlerins se pressent devant la grotte dans l'espoir d'une hypothétique guérison.
En dépit de quelques longueurs, Emile Zola use de son talentueux style littéraire pour narrer la romance secrète et inaboutie entre Pierre et Marie, entre l'abbé enfermé dans un vain combat opposant sa raison à une dévotion totale envers Dieu et la jeune femme souhaitant une guérison miraculeuse et priant ardemment la Vierge Marie de lui redonner l'usage de ses jambes. A l'instar de « La Faute de l'abbé Mouret », on voit poindre dans ce roman l'éternel débat concernant le problème du célibat des prêtres et la remise en question de la vocation sacerdotale, des thèmes récurrents chez le romancier et qui lui tenaient à cœur.