Lune Froide sur Babylon, c'est la seconde œuvre de McDowell, publiée en 1980 après The Amulet, son premier roman sorti en 1979. L'auteur avait alors 30 ans.


Après le gothique et poisseux du New York victorien, nous passons ici au gothique éthéré du Sud des États-Unis des années 70, entre la Floride et l'Alabama. Cette précision est significative, car McDowell aime personnifier les lieux et les époques de ses romans, leur attribuant ainsi une place essentielle. Et puis le Sud, c'est sa patrie, lui l'enfant de l'Alabama, à l'instar de son contemporain et collègue Robert McCammon, avec qui il partage la scène de l'horreur des années 80 (love sur Zephyr, Alabama en passant. Rien à voir mais ça fait du bien ❤️).


De mon côté, après les lectures effrénées des Aiguilles d'Or et de Katie, que j'ai adorées à plusieurs égards, il m'apparaissait certain que Lune Froide sur Babylone prendrait le même chemin. C’est tout simplement qu'avec ces deux livres (et oui, je n'ai toujours pas lu Blackwater !!!), je suis devenu fan de l'écriture de McDowell qui excelle à poser des personnages dans un décor, une ville et une époque. D'ailleurs, sa capacité à immerger le lecteur dans une sorte d'ambiance glauque est déjà perceptible dans ce second roman.


Ici, dès le départ, j'avais l'impression d'être dans une sorte de Twin Peaks des sixties, avec une petite ville du Sud, fermée sur elle-même, où l'on peut trouver des fermiers, cheerleaders ou banquiers, sans oublier le Styx, cette rivière qui joue un rôle central dès le début du récit. On retrouve vite le style gothique de McDowell, mêlant horreur, vengeance et dynamiques familiales troublantes.


Cependant c'est ici que pour moi, une petite rupture se crée avec mes lectures passées. Le plaisir n'a pas été le même, ni l'intensité de la lecture. Quelques raisons expliquent cela : un rythme inégal à certains moments, des longueurs descriptives qui n'ont pas toujours l'effet escompté, et au final, l'absence de personnages aussi forts que dans ces livres prémentionnés.


Cela dit, je préfère m'arrêter sur tout ce qui m'a fait aimer ce livre: son atmosphère, cette tension toujours palpable, et ces émotions humaines avec lesquelles l'auteur joue déjà habilement. Difficile en outre d'ignorer la signature de McDowell, avec un chagrin qui devient le moteur de l’horreur, et un récit qui s'approfondit au contact d'une subtile horreur surnaturelle. Son talent de conteur, propre à cette génération américaine, fait aussi des merveilles, avec des scènes carrément angoissantes et trash à souhait.


En refermant ce livre, j'avais ce sentiment légèrement mitigé du lecteur déçu de ne pas avoir vécu les mêmes expériences passées. Au final, je me demande quel aurait été mon ressenti si cela avait été mon premier McDowell. Peut-être que j'aurais été simplement envoûté par l'atmosphère unique du livre, empreinte d'une douce sensation de malaise émotionnel couvé par la Lune froide, mais bienveillante de Babylon. Rendez-vous en 2025 pour la sortie de l'Amulette, et encore bravo aux éditions MTL, on ne peut cesser de le dire !

Ben-Ardo
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le 13 oct. 2024

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Ben Ardo

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