Nous sommes dans une société dystopique qui pue un peu, comme souvent dans la dystopie. Dès le début, j'ai une forte impression de « déjà vu », car ce roman est assez similaire à Cadavre Exquis de Bazterrica… A la grande différence, c'est que sous ce IV Reich, les habitants n'ont pas l'impression de manger leurs semblables, mais bel et bien des animaux qui leur ressemblent juste un petit peu… du déni ? Ou du conditionnement rappelant que le IIIème Reich a massacré des gens en affirmant qu'ils étaient de monstrueuses bêtes ????
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Les Stors sont du bétail, élevés pour être bouffés…
Un jour, Dima, journaliste, est troublé par sa rencontre avec Macha, une jeune store. Il suspecte les stors d'être plus proches de l'humanité que ce que le système laisse à penser… On y voit très clairement, dans un premier temps, une métaphore des oppressés dans des systèmes totalitaires. Comment un gouvernement parvient-il à vous convaincre, que l'autre est tellement différent qu'il ne peut être pas considéré autrement que comme de la viande, transgressant ainsi toutes les normes morales? Si nous y voyons la Shoah, j'y vois également l'esclavagisme, le massacre des Natifs, etc…
On peut également voir un message peut-être plus caché sur la valeur de l'être vivant. Et si le cheval, la vache, le cochon, le lapin, l'oie, le canard, n'étaient pas si différents de nous? Espèces de la Terre, ne méritent-ils pas meilleur traitement que celui juste de nous nourrir ou nous divertir ? Ont-ils moins de valeur parce que des années de conditionnement nous ont dicté comment traiter les animaux ?
Roman avec beaucoup de réflexions mais s'alliant avec nécessité dans l'action : comment sauver Macha ? Voir comment sauver tout le monde ?