Le cadre géographique de Même les goélands se sont tus ressemble étrangement à celui des Fantômes de Shearwater : une île isolée non loin de l'Antarctique et une situation de crise qui s'annonce. Un point de départ pas loin d'être semblable pour les deux romans, mais des situations différentes au sein d'une famille et une évolution qui n'a rien à voir. Les deux livres ne sont finalement pas comparables et l'un est largement supérieur à l'autre et ce n'est pas celui de Jaap Robben, initialement paru en 2014 aux Pays-Bas. Le père a disparu, il ne reste que son épouse et son fils de neuf ans qui est le narrateur et que l'on va voir grandir jusqu'à l'adolescence. Que sont-ils venus faire dans cet endroit coupé du monde où leur seul voisin est pêcheur ? On ne le saura jamais. Le roman ressasse presque les mêmes scènes ad libitum : le garçon et sa mère instable, le garçon et son voisin, le garçon et une femelle goéland avec son petit qu'il essaie de nourrir. Progressivement, un certain malaise s'installe. Il n'y aura pas de vrai dénouement, c'était prévisible, et le sentiment de s'attacher de moins en moins à une trame trop répétitive, de plus en plus gênante et en définitive oiseuse (de mauvais augure).