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Littérature
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le 6 août 2013
Voilà que je rédige une critique d’un livre lu il y a deux semaines à peine, et j’avais presque tout oublié à son propos. Même le titre ! Bon, il parlait du génocide de 1994 au Rwanda, et sa couverture (celle de la collection « Motifs ») était hideuse. C’était tout. Si peu de souvenirs, c’est mauvais signe.
Moisson de crânes parle du génocide de 1994 au Rwanda, et c’est tout. Bon, bien sûr, un génocide, c’est beaucoup de choses en termes historiques, ce n’est pas ce que je veux dire. Mais d’autres livres de « littérature génocidaire » m’ont laissé des souvenirs bien plus précis et nettement plus durables. Le recueil d’A. Waberi, divisé sans qu’en définitive on sache vraiment par quelques critères en deux sections, « Fictions » et « Récits », paraît ne jamais proposer de point de vue défini. Et cette indéfinition du point de vue ne semble même pas délibérée, alors que dans d’autres œuvres elle est un parti pris : pas de parti pris ici. (Je parle là encore de parti pris littéraire, pas historique.) En fait, chaque récit semble un enchaînement de paragraphes mis à la suite des autres, chaque paragraphe un enchaînement de phrases – le tout sans liant.
J’ai à nouveau feuilleté Moisson de crânes en quête des croix marginales par lesquelles une vieille habitude me fait signaler les citations marquantes – à toutes sortes de titres – des livres que je lis. Parmi elles, deux (« Seuls le monde des morts et celui des songes se côtoient, les vivants sont loin, très loin. », p. 55 et « Ici, la vie n’a plus cours sous sa forme ordinaire. », p. 58) signifient que je les ai lues comme des poncifs. Il y a par ailleurs quelques phrases bien tournées, les histoires de « cancrelats », par exemple. Mais ça ne pèse pas bien lourd.
Créée
le 23 nov. 2016
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