Japon, fin du 19e siècle. Le jeune Yuko Akita est dévoré par deux passions : les haïkus et la neige. Déterminé à devenir poète contre l'avis de son père qui voudrait en faire un prêtre ou un guerrier, Yuko écrit 77 haïkus sur la neige durant les mois d'hiver. Un artiste de la cour impériale, découvrant ses travaux, l’envoie auprès de Sōseki, un maître peintre aveugle, pour lui « apprendre la couleur », au sens artistique et émotionnel. En chemin Yuko découvre le corps d'une femme occidentale prise dans la glace. Cette femme est l'épouse de Sōseki, disparue dans la montagne en tombant d'un câble sur lequel elle donnait un spectacle de funambulisme.
Un joli conte initiatique, tout en épure et en sobriété, évidemment à la manière des haïkus. L’esthétique Zen est très présente, comme la symbolique de pureté et d’ascèse représentée par la neige. C’est simple et puissant, la brièveté du texte ne nuisant aucunement à l’ampleur du récit. La psychologie des personnages est peu développée mais l’intérêt est ailleurs, notamment dans les aspects poétiques et méditatifs. L’élégance de l’écriture et les références permanentes à la culture japonaise offrent une lecture dépaysante et hors du temps.