La conclusion d’Oz, tonitruante de son état, eut pour mérite de renforcer les atours sombres d’Autre-Monde : sans se départager de son registre « adolescent », son cœur de cible après tout, Maxime Chattam prouvait une fois encore sa capacité à mixer les genres au service de son univers original. C’est donc sans rechigner, et même avec une curiosité accrue, que nous découvrîmes son avant-dernier chapitre : Neverland.
Une énième référence au facétieux Peter Pan et de nouvelles péripéties éparses : l’Alliance des Trois séparées, l’auteur capitalise sur leurs devenirs respectifs pour étoffer son apocalypse imminente. Les Ozdults incapables d’en saisir la portée, c’est encore et toujours aux braves enfants de les suppléer pour sauvegarder l’humanité, permettant à Matt et consorts de s’arroger le devant de la scène (malgré eux) : en dépit d’une évidente redite dans la malice de leurs parents amnésiques, et une certaine dose de facilité (tant de retrouvailles), le roman s’avère comme escompté assez palpitant.
Le lecteur peut en effet savourer la diversité des lieux rencontrés, Neverland brillant par une bougeotte chronique : son récit est de fait très mouvementé, les élémentaires ajoutant à la menace polymorphe d’une Terre sens dessus dessous. Ressuscitant par la même occasion cités franches et pirates, le roman recycle le passé (pourtant oublié) au profit d’une société nouvelle, essentiellement embellie par une nature sauvage omniprésent. Le décorum de la mangrove et la fuite s’ensuivant iront de leur lot de révélations bienvenues, jusqu’à ce qu’un énième coup du sort (façon de parler) n’altère sérieusement les chances de succès de nos héros… mais leur quête continue envers et contre tout.
Et avec elle, forcément, notre lecture : par ici Genèse !