Roman au long cours. Durant 600 pages, Allan Hollinghurst nous conte la vie de David Win, jeune métis, dans l’Angleterre des années 60 et jusqu’à l’apparition du Covid en 2020. Une histoire passionnante qui embrasse une multitude de sujets.
Lorsque le roman s’ouvre, David fait un séjour chez la famille Hadlow. Enfant de la classe ouvrière, sa mère qui l’élève seule est couturière, David a en effet bénéficié d’une bourse d’études dans une prestigieuse école. Bourse financée par la fondation de la famille Hadlow. Durant ce week-end au domaine pendant lequel David va essayer d’éviter Giles, le fils un brin brutal de la famille, le jeune garçon va surtout découvrir un nouveau monde et faire la connaissance d’Elise Pleynet, une actrice. Un élément déclencheur pour lui.
Au fil du récit, David va grandir, le monde autour de lui évoluer, des liens se nouer ou se dénouer, une carrière théâtrale se lancer et Giles devenir un politicien très à droite. Allan Hollinghurst prête sa plume à David Win pour nous raconter cette vie. Métis, né d’une mère anglaise et d’un père birman qu’il n’a jamais connu, le jeune homme voit bientôt sa mère se mettre en ménage avec une femme, Esme. Autant d’éléments qui le mettent à part dans une société anglaise bien-pensante. Lui-même est attiré par les hommes et vivra plusieurs histoires d’amour.
Difficile de faire un résumé de ce récit foisonnant, riche, qui explore les mutations de la société anglaise au fil de ces quelques 60 années à travers le personnage de David Win et ceux de sa mère, de Cara et Mark Hadlow et de Giles. Rien de très spectaculaire mais des micros-évènements qui ponctuent le récit et le font basculer parfois.
L’exploration des sentiments et des relations (familiales, amoureuses, sociales) est finement menée, le ton toujours juste et l’émotion bien dosée. Allan Hollinghurst ne se perd pas dans des démonstrations grandiloquentes et inutiles, même s’il aborde des thèmes sensibles notamment le racisme ou l’homophobie. Tout est raconté avec pudeur et délicatesse. Nos soirées fait partie de ces romans qu’on quitte à regret.