"Nûdem Durak. Sur la terre du Kurdistan" est un livre polyphonique. Ce ne sont pas seulement les voix de Joseph Andras et de Nûdem Durak, chanteuse, prisonnière du régime d’Erdoğan condamnée en 2015 à 19 ans de prison pour avoir chanté en kurde, que l’on peut y entendre : ce sont celles de tout un peuple, celles de milliers d’hommes et de femmes en lutte. Singulier dans sa composition, quelque part entre enquête, récit, correspondance et biographie, tout cela et rien de cela, l’ouvrage fait s’alterner et résonner les plumes de Joseph Andras et de Nûdem Durak. Mais au-delà, il donne corps à la luttes des kurdes pour l’émancipation, pour la vie bonne, il donne corps à leur histoire, à leur situation. "Nûdem Durak" n’est pas un hommage, ni un reportage, bien qu’il y ait aussi de cela. Il s’agit d’une littérature de terrain. D’une littérature partisane. D’une littérature qui ne parle pas de la lutte, mais la continue, la prolonge, l’incarne. D’une littérature qui « fait de chaque phrase un poste de tir ». Et c’est pour cela qu’il faut le lire, et le faire lire. Bijî Kurdistan !