Sur Lise Déramond Follin avec horloge fondue,zombies,canard parlant,masseuse à un bras etc caetera

(...et où je croise aussi avec horreur une "immigrée venue d'Ukraine passant par 'erreur' près de cinquante ans de sa vie dans un hôpital psychiatrique : personne ne parvenait à la comprendre").


Je connais encore très mal cette Lise Déramond Follin. Je suis excité à l'idée d'enfin découvrir un jour ses films et oeuvres. Sa filmographie, ses photos et bio, me font penser à l'esprit de l'émission Strip Tease (ou au réalisateur Manu Bonmariage).

Il y a quelques années, je suis tombé sur un article/reportage photos sur une sorte de maison de retraite réputée (prés de Paris?) mais pour artistes actifs, donc ayant besoin d'espaces et ateliers etc. Organisant expos et rencontres. (La Maison Nationale des Artistes?).

J'avais été arrêté par une très belle photo, une petite belle femme, m'évoquant Jeanne Moreau, de face, regardant vers sa droite en haut, vers la source de lumière, une fenêtre ou baie vitrée hors-champ...son regard au loin est brillant et rieur. Un vrai tableau cette photo. Je me rappelle de bracelets correspondant aux colliers, une tenue coordonnée colorée, tout en paraissant mise le matin une bonne fois pour toute pour une journée occupée.

Moi qui ne suis pourtant pas trop branché aura et 'shining', j'avais ressenti une certaine 'vibe', vague d'énergie et trouvé cette photo&personne superbes, marquantes. (avec le temps, elle faisait peut-être photo de campagne politique cette photo et position, comme un leader posant).

Puis j'avais regardé et retenu le nom du sujet, une "Lise Déramond Follin"..."réalisatrice de centaines de films"...Des centaines?!...j'ai oublié le nom du photographe...et j'ai égaré pour l'instant les 3 pages que j'avais arrachées à mon magazine.

Puis assez récemment, je retombe sur la liste des noms croisés dans cet article que je voulais explorer.

"Lise Déramond Follin" est sur SC aussi sous le nom de "Liz Déramond", le nom sous lequel elle apparait dans le générique de la série satirique, les Shadoks et surtout le 'Courrier des Shadoks' (qu'elle réalise avec Gérard Pirès, Gérard Patris et avec le co-réalisateur du Graphique de Boscop, Georges Dumoulin. Avec voix off de Jean Yanne).

Attiré par le beau titre On ira cueillir des Soleils la nuit, j'ai vu que je pouvais le commander à la fnac: il se révèle un efficace catalogue d'une exposition qui lui a été consacrée.

Ce sont des extraits, écrits par elle et une Chantal Péroche, avec des photos de tournage, de films, d'enfance et d'oeuvres:

___"Enfant elle rêvait d'être "pompier ou danseuse, ou comédienne surtout" et faisait beaucoup de bêtises, ce dont elle se félicite aujourd'hui. Une grosse bêtise, la plus grosse? Avoir mis à bouillir toutes les horloges, montres, pendules et réveils de la maison de Sainte-Adresse, sur les hauteurs du Havre, "pour arrêter le temps, évidemment" (texte de Lise Déramond et Chantal Péroche)

___Chantal Péroche, son amie et scribe, est "Née au Cameroun au temps des colonies finissantes...pure littéraire, dès le lycée. Elle devient par conséquent, tout naturellement professeur de français. (...) Elle propose même ses services de « scribe » pour aider les résidents de Maison nationale des artistes qui le souhaitent à rédiger leurs mémoires et se concrétisent avec deux ouvrages « Environnement Mythia » un témoignage vif sur l’enfance slovaque de Mythia Dewasne (Cinéaste et plasticienne?), sur l’activité artistique intense de l’après-guerre, mais aussi le portrait d’une femme libre, attachante et passionnée qui a consacré sa vie à l‘art et « On ira cueillir des soleils la nuit » qui rassemble l’univers cinématographique de téléaste de Lise Déramond, à travers notamment des photographies de tournage et de plateau. Il raconte l’histoire incroyable de cette grande dame qui a marqué de façon profonde le paysage audiovisuel des années 1970 à 2000". (https://www.fondationdesartistes.fr )
____""En 1984, sur une commande de Jean-Pierre Alessandri(“La Vie filmée”), quelques réalisateurs (parmi lesquels Jeanne Labrune et Frédéric Mitterrand) racontent leurs vacances d'enfance. Pour sa part, dans On ira cueillir des soleils la nuit, Lise Déramond Follin évoque les étés de Freychenet, en Ariège, où elle "faisait ressusciter les morts du village, qui ressuscitaient très bien ; comme ça, la mort n'existait plus". Dans ce film baigné d'imaginaire jouent Julie, la propre fille de la réalisatrice , et son neveu Jonathan Douglas Sharp, tandis que quelques habitants du cru traversent les paysages aimés. L'autobiographie s'y incarne par un dialogue entre la voix de Lise à la recherche de ses souvenirs et un canard sauvage nommé Trou de mémoire, qui se souvient "tout de travers" ; c'était l'absurde total, comme l'existence."" ( Chantal Péroche)
____son film et ses revenants me rappellent la série Les Revenants, mais à l'échelle d'un tout petit village.
____En 1984 " c'était l'absurde total, comme l'existence.". Justement, en 2020, "pour Lise, vivre à la Maison nationale des artistes n'est certes pas un bonheur de chaque instant. Certains jours, le lourd fardeau d'exister écrase de tout son poids...Il faut sa curiosité restée en éveil, sa révolte intacte, le rire, son sens jamais pris en défaut de l'humour et de la dérision pour affronter les yeux grands ouverts les dures réalités du vieillissement et de la mort, pour retrouver quelque vitalité dans ce lieu d'exil où elle se sent en prison".
_____"Je veux tuer la mort. Il y a l'amour, j'étais tout le temps amoureuse, mais ça c'est fini, ils sont tous morts. Ils ne sont plus là, mais les souvenirs sont magnifiques. Igor à Moscou, Jeffrey à Londres, Pedro dans le Tennessee, Augustin à Prague, Venise, Tokyo, l'Ecosse aussi, et caetera..."
____"J'ai donné des cours d'Italien à Marymount, une école pieuse à Washington." "Je parle couramment quatre langues et demie"... On étudiait Shakespeare, Dante, Michel-Ange, le Caravage, Arcimboldo et ses ...légumes".
_____"Man is a poor puppet that struts and frets his life upon the stage and then is heard no more...". "Les gens qui ne connaissent pas Shakespeare, il manque quelque chose à leur vie". Par son amour pour Shakespeare, et volonté de le partager, cette Lise Déramond me rappelle AL PACINO qui me l'avait présenté en 1996 dans Looking for Richard.
______"Dans les années 1960, ...Pierre Schaeffer, non seulement "grand compositeur de musique concrète " mais Directeur du Service de la recherche de l'ORTF, appelle Lise Déramond Follin et l'intègre au sein de l'équipe qui travaille à créer une télévision pleine d'idées originales et d'imagination...LDF s'y épanouit, du scénario au montage, et y réalise de nombreuses émissions "où l'on rit beaucoup"...dénonçant le pouvoir de la publicité...et analysant le succès des (émissions de radio d'écoute et de parole, telle que Minie Grégoire, type d'émissions encore présentes en 2022 tous les soirs à la radio!)".
___"Dans son enfance, la petite Lise avait été bouleversée par une scène...l'artiste peintre René Baumer, de retour des camps, était venu, chez sa mère leur annoncer la mort à Bergen Belsen de Jacques Douglas Liddell , leur frère et oncle". Elle se révoltera toujours devant l'irruption du négationnisme('chambre à gaz sont fiction')...notamment via son film Devoir de réponse: "...soutenue par ma grande amie Anne Hoang, qui produisait la courageuse émission Contre-enquête, j'ai interviewé, pour démonter leur ignoble théorie, des juifs, d'anciens résistants, un Tzigane, un homosexuel, et ils racontaient cette horreur."

Au passage, je découvre cette émission de cette Anne Hoang, dont voici un résumé dans Le Monde de 1986 Par THOMAS FERENCZI:

"Soupçonné à tort d'avoir participé à un hold-up, un jeune homme fait plusieurs années de prison avant d'être acquitté. Devant un jury universitaire, qui le consacre docteur, un chercheur met en question le principal témoignage établissant l'existence des chambres à gaz. Pour un tapis déchiré, un professeur de gymnastique fait gifler le coupable par tous ses camarades de classe. Un couple de vieillards se jettent du troisième étage de la résidence où ils s'étaient retirés et se tuent. Aux États-Unis, une immigrée venue d'Ukraine passe par erreur près de cinquante ans de sa vie dans un hôpital psychiatrique : personne ne parvenait à la comprendre.

Des événements comme ceux-là, les journaux en relatent chaque jour des dizaines. Certains d'entre eux font la " une ", d'autres n'ont droit qu'à un paragraphe ou une " brève ". Quelques-uns restent dans l'actualité plusieurs semaines, à la faveur d'un rebondissement ou d'une retombée politique. La plupart sont vite oubliés.

Le magazine " Contre-enquête ", d'Anne Hoang, choisit tous les mois quatre ou cinq de ces " faits divers ", petits ou grands, connus ou non, pour tenter d'en reconstituer l'histoire, d'en suivre éventuellement les effets et surtout d'en tirer la leçon. Une " contre-enquête " ? Le mot n'est sans doute pas tout à fait exact, dit Anne Hoang, productrice du magazine, mais qui n'est pas, précise-t-elle, responsable du son titre : il ne s'agit pas en effet de rétablir une vérité qui aurait été ignorée ou dissimulée, ni même de raconter avec plus de détails une " affaire " pittoresque ou révélatrice, mais de se demander comment celle-ci a été possible, d'aider parfois ceux qui l'ont vécue et en sont restés marqués, de susciter la réflexion chez les autres." (Les-petites-histoires-d-anne-hoang 1986).

(Lise est aussi très amie de la psy Danielle Sivadon: toutes deux glanant "dans la vie des autres comme Agnès Varda...la vie devenant alors plus belle".)

___"...après avoir assisté, oreilles ouvertes et sens critiques affûtés , à une réunion de la FNSEA, elle imagine (en caustique précurseuses de pratiques écologiques qui ne nous étonnent pas aujourd'hui ...) un camp militaire de coccinelles s'entrainant avant d'aller en Afrique occire la cochenille du palmier-dattier (son film ne s'appelle pas Minuscule comme la série&films récents à succès, mais Coccinelle Story).

Puis je réalise enfin que j'en ai vus peut-être certains de ses films car elle a en a réalisés pour l'assez récente émission de télé co-créée par son mari Gérard Follin, Aléas : le magazine de l'imprévisible:

"'Noire Neige' sur deux vieillards morts ensemble dans la courette de leur petite maison dans le bassin minier (Claudie et Fernand)

Le portrait de Maïté, la cuisinière, qu'elle a "bercée" toute une nuit de tristesse.

'Monsieur Catastrophe' entouré de chiens et de chats alignés autour d'une table.

Dominique, en thalassothérapie où elle massait les patients avec un seul bras".


Ces quelques premières notes et leur désordre sont une honte à la bien plus vaste filmo et créativité de cette Lise Déramond Follin.

Les citations sont un mélange de ses mots, de ceux de Chantal Péroche et de Christian Bosseno (qui semble un expert notamment en talentueuse prolifiques petites mains méconnues des coulisses de la télé).

PierreAmo
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Le 26 juillet 2022

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