Journaliste et chroniqueur, Chang Kang-myoung a connu un succès énorme avec son roman Parce que je déteste la Corée. Beaucoup de jeunes adultes, ceux qui terminent leurs études avec un horizon bouché comme perspective, se sont visiblement reconnus dans cette évocation d'une société encalminée, figée dans des structures désuètes qui interdisent de rêver. L'auteur, qui avait 40 ans à la parution du livre dans son pays, s'est mis dans la peau et la tête d'une jeune femme d'une génération désabusée et sans avenir. A moins, et c'est le cas de son héroïne, de prendre la fuite pour une contrée plus ouverte, en l'occurrence, l'Australie. Son livre est un peu son journal intime, qui narre à l'envi ses multiples aventures du côté de Sydney, mais aussi et surtout ses (res)sentiments amers vis à vis de son pays natal, dans une comparaison entre la Corée du Sud et l'Australie qui n'est pour ainsi dire jamais à l'avantage de la première. A vrai dire, on apprend peu de choses à la lecture de Parce que je déteste la Corée : l'ultra-compétitivité, le choc des générations, la corruption et les dysfonctionnements de la société, le nationalisme exacerbé, etc. Quoi d'autre ? Le style. Relâché, décontracté, écrit comme l'on parle, cela donne des scènes vivantes (parfois) mais ce n'est évidemment pas de la grande littérature. Le livre, très court, s'absorbe assez vite. Il s'oublie tout aussi rapidement.