Pedro Páramo
7.3
Pedro Páramo

livre de Juan Rulfo (1955)

LE roman fondateur de la littérature mexicaine

Roman fondateur de la littérature mexicaine, influencé par le surréalisme et comme un prélude au réalisme magique, cette oeuvre installe un récit révolutionnaire dans sa forme, dans un espace où les frontières entre imaginaire et veille s'abolissent, comme entre damnation et salut, en une fragmentation de la parole et un bouleversement de la chronologie et du temps de l'histoire, où la narration nous intime qu'il n'est d'avenir que le passé.


A la mort de sa mère, le héros Juan Preciado part à la recherche d'un père qu'il ne connaît pas, dans le village de Comala. Cette quête du père engage un récit au haut degré de symbolisation du lien d'étrangeté instauré entre personnages et histoires.

Entre paysages arides et village désolé, le héros rencontre des âmes fugaces et évanescentes qui lui livrent un discours fragmenté sur l'histoire de Comala, avant, pendant et après la révolution, dont le destin fut présidé par le cacique Pedro Páramo, père du héros, despote ivre de vengeance.

Mêlant mort et vie, voix d'outre-tombe et confidence réelle, bouleversant les codes de compréhension classiques d'un récit romanesque, les voix narratives et les visions se multiplient comme des murmures sans logique, formant une sorte de bruissement collectif aux échos permanents.

Ames en peine prisonnières d'un éternel purgatoire, complices ou victimes du tyrannique Pedro Páramo et condamnées à raconter leurs souvenirs, les personnages plus objets que sujets de leurs actes sont mus par l'illusion et le désir, et s'ils n'ont pas assez prouvé leur repentir pour certains, pour d'autres ils n'ont pas assez persévéré dans leur être.

Dans une écriture d'une justesse magistrale, déployée entre lyrisme et poésie narrative, ces voix universelles auxquelles l'auteur donne une qualité sonore exceptionnelle, sont pour toujours égarées dans le non-sens de leur destin. , influencé par le surréalisme et comme un prélude au réalisme magique, cette œuvre installe un récit révolutionnaire dans sa forme, dans un espace où les frontières entre imaginaire et veille s'abolissent, comme entre damnation et salut, en une fragmentation de la parole et un bouleversement de la chronologie et du temps de l'histoire, où la narration nous intime qu'il n'est d'avenir que le passé.

A la mort de sa mère, le héros Juan Preciado part à la recherche d'un père qu'il ne connaît pas, dans le village de Comala. Cette quête du père engage un récit au haut degré de symbolisation du lien d'étrangeté instauré entre personnages et histoires.

Entre paysages arides et village désolé, le héros rencontre des âmes fugaces et évanescentes qui lui livrent un discours fragmenté sur l'histoire de Comala, avant, pendant et après la révolution, dont le destin fut présidé par le cacique Pedro Páramo, père du héros, despote ivre de vengeance.

Mêlant mort et vie, voix d'outre-tombe et confidence réelle, bouleversant les codes de compréhension classiques d'un récit romanesque, les voix narratives et les visions se multiplient comme des murmures sans logique, formant une sorte de bruissement collectif aux échos permanents.

Âmes en peine prisonnières d'un éternel purgatoire, complices ou victimes du tyrannique Pedro Páramo et condamnées à raconter leurs souvenirs, les personnages plus objets que sujets de leurs actes sont mus par l'illusion et le désir, et s'ils n'ont pas assez prouvé leur repentir pour certains, pour d'autres ils n'ont pas assez persévéré dans leur être.

Dans une écriture d'une justesse magistrale, déployée entre lyrisme et poésie narrative, ces voix universelles auxquelles l'auteur donne une qualité sonore exceptionnelle, sont pour toujours égarées dans le non-sens de leur destin.

Créée

le 24 avr. 2026

Critique lue 13 fois

Soph CH

Écrit par

Critique lue 13 fois

D'autres avis sur Pedro Páramo

Pedro Páramo

Pedro Páramo

7

GrandGousierGuerin

le 20 août 2015

Suivre

Critique de Pedro Páramo par GrandGousierGuerin

« Je suis venu à Comala parce que j’ai appris que mon père, un certain Pedro Paramo, y vivait. C’est ma mère qui me l’a dit. Et je lui ai promis d’aller le voir quand elle serait morte. J’ai pressé...

Pedro Páramo

Pedro Páramo

9

Lalo_Cura

le 29 avr. 2014

Suivre

D'une tombe l'autre

Pedro Paramo, un roman unique et l'unique roman de son auteur. Pedro Paramo laisse songeur. Ici, le temps semble s'écouler au ralenti, peut-être même à rebours, si bien qu'il conviendrait presque...

Pedro Páramo

Pedro Páramo

7

jerome60

le 7 juil. 2014

Suivre

Critique de Pedro Páramo par jerome60

« Surtout, ne lui réclame rien. N'exige que notre dû. Ce qu'il me devait et ne m'a jamais donné... L'oubli dans lequel il nous a laissés, fais-le lui payer, mon enfant. » Juan Preciado promet à sa...

Du même critique

Le voyage à Nuremberg

Le voyage à Nuremberg

9

SophCH

le 29 avr. 2022

Suivre

Hermann Hesse, chemin faisant.

D'une délicatesse vivifiante, Le voyage à Nuremberg est un pur concentré de Hesse. Deux mois de voyage pour un saut de puce du Tessin à Nuremberg avec quelques conférences littéraires en toile de...

Les enfants du 209 rue Saint-Maur, Paris, Xe

Les enfants du 209 rue Saint-Maur, Paris, Xe

9

SophCH

le 26 sept. 2021

Suivre

"Les pavés sont les mêmes ? Donc il est possible que mes parents aient marché ici ? "

Non, il ne s'agit pas dans ce documentaire de nous désigner encore une fois les innocents et les coupables, les victimes et les bourreaux, nous intimant que, ouf, nous qui faisons aujourd'hui...

Allemagne, un conte d'hiver

Allemagne, un conte d'hiver

9

SophCH

le 20 sept. 2021

Suivre

"La contrebande que je porte avec moi, c’est dans ma tête que je la cache"

1842, Heine revient. Treize ans d'exil loin de l'Allemagne et ce retour aux sources pour dire toute la complexité de la relation entre les juifs et ce pays qui leur a permis de donner toute leur...