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Au Nom de la Mère
S'évader loin de la réalité, dans un univers que l'on maîtrise et dont on imagine toutes les différentes extensions, le peuplement et de manière générale tout ce qu'on y trouve... N'est ce pas...
le 26 janv. 2018
Sir James Matthew Barrie est né le 09 mai 1860 en Écosse. Il est le neuvième enfant d’une famille de dix enfants. À six ans, il eut la douleur de perdre son frère David, qui mourut dans sa douzième année d’un accident de patinage. Pour l’auteur, David resta pour toujours l’enfant qui ne grandit pas et incarna un de ses thèmes favoris.
Après de brillantes études à l’université de Édimbourg, il commença une carrière de journaliste qui le contraignit à s’établir à Londres. C’est la qu’il connut la célébrité et devint très vite un auteur à succès, en particulier grâce à la création du personnage de Peter Pan.
Son héros, devenu légende, apparut pour la première fois en 1902, dans son roman Le Petit Oiseau Blanc, dont le sujet lui fut inspiré par les contes qu’il inventait pour les enfants de ses amis. L’auteur développe le personnage de Peter Pan dans sa pièce de théâtre Peter Pan, ou le garçon qui ne voulait pas grandir dont la première a lieu à Londres en 1904.
James Matthew Barrie publiera en 1904, Peter Pan dans les jardins de Kesington. Il s’agit, ni plus ni moins, que les chapitres du roman Le Petit Oiseau Blanc où apparaît Peter Pan et illustré par Arthur Rackham, un illustrateur de renom et ami de l’auteur.
Dans son conte, l’auteur exprime l’amour profond qu’il porte à l’enfance, mais aussi sa nostalgie devant le temps qui passe. Son héros est devenu si célèbre que sa statue s’élève dans les mystérieux jardins de Kesington. Cet enfant qui ne veut pas grandir, qui n’a ni mère ni père, appartient désormais à tous les enfants du XXème siècle.
C’est en 1911 que James Matthew Barrie publie Peter & Wendy, l’adaptation romancée de sa pièce de théâtre.
L’histoire est celle d’un enfant qui ne veut pas grandir et qui récupère les enfants morts, tombés du berceau ou abandonnés pour les envoyer au Pays Imaginaire (la mortalité infantile est élevé au Royaume-Uni lors de l’écriture du roman). Peter Pan, loin d’être un enfant de chœur, est habité par une haine profonde des adultes. Un adage raconte qu’à chaque respiration, un adulte meurt. Alors Peter s’amuse à respirer fort et haleter le plus possible pour tuer le maximum d’adultes. Il tue aussi les enfants perdus. Dès qu’ils grandissent, il ne veut plus d’eux. Profondément égoïste, Peter a aussi perdu la notion de temps en étant bloqué depuis des années au Pays Imaginaire.
Dans l’épilogue, Peter Pan reconnaît qu’il n’a pas le moindre souvenir des enfants perdus, il oublie aussi Clochette. Il oublie donc son histoire, il ne sait rien sur lui-même, c’est absolument terrible. Il oublie Wendy et Wendy, elle-même, oublie ce qu’il s’est passé quand elle devient adulte. C’est une histoire où cette notion d’oubli de ce qu’il s’est passé est terrible. L’épilogue est très émouvant. Ça rejoint finalement la question du passage de l’état d’enfance à l’âge adulte, on oblitère l’enfance, on gomme l’enfance quand on devient grand.
Le Pays Imaginaire de James Matthew Barrie s’appelle en réalité « Neverland » soit le « Pays de Jamais », celui où on ne veut jamais aller ou jamais retourner. Cauchemardesque, on y trouve des Peaux Rouges sanguinaires, des pirates, des sirènes monstrueuses, des fées égoïstes et des bêtes sauvages, tous sont maléfiques. La mort y est aussi omniprésente.
C’est un roman d'aventures, mais surtout d'apprentissages, les thèmes immédiats sont le refus de grandir, de vieillir, de devoir prendre des décisions et d'avoir des responsabilités, ce qui entraîne mensonges et vilénies. En un mot de devenir adulte et en conséquence, la peur de la mort, inéluctable, alors que sans cesse, les enfants y jouent, la frôlent et la vivent ; comme le rejet du temps qui passe, floutant la mémoire, noyant les frontières de l’imaginaire et du réel (sur cet aspect, le roman est novateur).
Le roman se termine comme il a commencé... Sur cette histoire qui se transmet, de génération en génération. Wendy attend chaque printemps Peter Pan, qui lui a promis de revenir, mais il oublie comme l’enfant qu’il est, et revient seulement de temps à autre. Wendy a trop grandi et Peter s’intéresse désormais à sa fille Jane, puis selon le même cycle, sa fille ensuite, Margaret.
Cette sombre histoire, l’auteur passera sa vie à l’écrire. Même après la sortie du livre en 1911, il continue de faire d’autres livres autour du même thème, avec les mêmes personnages. Au total quasiment une dizaine de réécritures, des alphabets, des scénarios et d’autres versions du roman, plus édulcorées.
James Matthew Barrie n’a jamais fait autre chose que de réécrire la même histoire. Il faut bien garder en mémoire que la mort du frère est un élément tragique qui a transpiré sur toute son œuvre, qui n’a jamais cessé de réécrire la même histoire, comme si il portait une trace de culpabilité. Coupable d’être toujours vivant peut-être ?
James Matthew Barrie se décide à adoucir son scénario de base assez rapidement. Puis, dès 1924 des comédies musicales sont montées, mettant de côté l’aspect sombre de Peter Pan. Le coup de grâce se fera avec le Peter Pan de Walt Disney, joyeux luron aux antipodes de celui de James Matthew Barrie.
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le 22 avr. 2023
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