...Un jeune homme décide sur un coup de tête de tout quitter pour aller dans le bush australien. Un kangourou se rue sur son véhicule et notre héros connaîtra dès cet instant une situation improbable et enchaînant l'absurdité à la limite de l'horreur, pour cette virée dans l'enfer de l'outback...et pour avoir sauver une jeune femme en détresse, au si beau prénom, pourtant évocateur de tant de bienfaits...Angie... mais source de ses futurs gros problèmes.
Pas de grandes villes grouillantes et bienveillantes, mais les grands espaces nus et poussiéreux de l'Australie comme prison ...La notion d'enfermement, la beauté inquiétante de ce bush sont puissamment décrites.
A défaut de trouver la liberté par ce voyage initiatique, notre héros va surtout vouloir sauver sa peau et nous le suivrons avec angoisse dans sa lutte pour sa survie tant physique que mentale, dans la rencontre de personnages tous plus dégénérés les uns que les autres, ayant leur propres codes, suivants leurs instincts, vivant à des kms de toute civilisation salvatrice et l'ayant adopté sans autre forme de procés.
En filigrane, la réflexion sur les conséquences d'avoir quitté son environnement si monotone pour l'illusion d'une vie meilleure.
Roman policier, étude sociologique, pour une écriture fluide, détaillée, un vocabulaire fort appuyant l'intrigue, teinté d'humour -noir- décalé, rythmé et tendu.
A lire d'une traite et où le suspense tiendra en haleine jusqu'à la chute finale…
On retrouve souvent chez Douglas Kennedy, des héros ordinaires, des situations parfois extraordinaires, pour un de ses thèmes récurrents : la fuite en avant… Une vision coup de poing de l’Amérique bien-pensante, sur l’humanité, pour une critique franche de la société notamment américaine. Une description objective des personnages et des relations entre hommes et femmes, et les affres de la vie quotidienne avec souvent des héroïnes en porte-étendard, pour le questionnement universel de l'attachement, égratignant bien souvent, les convenances.
En lire plusieurs à la suite donnera par contre un sentiment de redondance, mais dans ses histoires pas de sentimentalisme déplacé, malgré les sujets, préférant traiter ses thèmes par le biais et brillamment d'ailleurs, de thrillers, de machinations multiples et variées où tout bascule en un instant. .
Ses romans, dit-on, trouvent l'inspiration dans quelques expériences de vie de l'auteur et notamment pour cette histoire, où lui-même, en « balade » dans le bush aurait rencontré certains personnages et emportements hauts en couleur….et aurait pris la fuite !
« Cul de sac » aujourd'hui « piège nuptial » est son second roman .