Planète à gogos est un roman de Frédéric Pohl qu'on connaît surtout pour La Grande Porte (que je conseille fortement) en association avec Cyril Kornbluth .C'est de la SF parfois volontier rigolarde dans son ton, mais ayant valeur de mise en garde prophétique dans laquelle une terre polluée au delà de tout est gouvernée par les publicitaires au service de la consomation maximale.

Comme souvent dans la SF des années cinquante, le côté technologie est un peu à coté de la plaque au regard de notre "modernité" mais la charge dystopique du bouquin tape tout de même en plein dans le mille. C'est d'ailleurs là que réside la qualité essentielle de l''ouvrage plus que dans son intrigue où dans ses personnages parfois un peu quelconques.


Néanmoins, voir les écolos érigés en grands méchants de cette société entièrement tournée vers la consomation effrénée et aux mains de publicitaires cherchant par tous les moyens à rendre les consommateurs prisonniers de leur produits, y compris par l'addiction, a quelque chose de fascinant.

On a parfois l'impression de revoir des commentaires qu'on a aperçu sur les réseaux sociaux dans cette haine de l'écologie et des conclusions que cette science oblige à tirer concernant nos comportements de consommateurs accrocs à un mode de vie devenu un produit en soi qui se vend lui-même dans une grande boucle de rétroaction positive.

C'est qu'ils avaient bien saisi le problème nos deux auteurs en caricaturant de manière outrancière cette société dirigée par le désir et la manipulation des masses à travers le plaisir immédiat que procure l'achat compulsif créé de toute pièce par les publicitaires.

Le fait est que ça ressemble beaucoup désormais à notre monde.


Donc une charge dystopique contre la société du gaspillage, de la poudre aux yeux et de la destruction systématique du vivant très réussie, mais une intrigue et des personnages un peu moins intéressants et qui marqueront assurément moins que le cadre qui nous est présenté: sorte de miroir déformant d'une réalité sans cesse plus proche de ce que nous connaissons aujourd'hui.

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le 7 janv. 2026

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Samu-L

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