Je dois avouer que je ne lirais pas du Houellebecq tous les jours tant sa lucidité acerbe et crue arrive parfois à me donner la nausée (sensation qui n'est pas sans me rappeller, sans vouloir comparer l'incomparable, celle ressentie face au masochisme de certains passages du livre "Les carnets du sous-sol" de Dostoïeski). Néanmoins, je ne peux m'empêcher de voir en cet écrivain un génie des temps modernes, un des seuls ayant réussi à ancrer ses romans dans ce que la réalité de la société contemporaine a de plus prosaïque. D'aucuns diront qu'il n'a pas de style et que ses livres sont vides et je ne suis pas d'accord, ce n'est pas parce que leur lecture est rapide et facile qu'il n'y a rien à retenir. Quoiqu'il en soit, il serait dommage de se priver d'un bon moment car je trouve son style aussi hilarant qu'il est provocant.

Si les personnages à la Houellebecq se ressemblent beaucoup, type "looser résigné qui se laisse plus ou moins porter par les flots d'une vie monotone (pour ne pas dire 'carrément chiante')", le roman "Plateforme" se démarque car il traite de l'amour. Bien sûr, il y a aussi le tourisme sexuel, la consommation de l'européen en voyage, la relation au groupe, le libertinage, le monde du travail... mais il y a aussi l'amour, avec un a presque majuscule. Alors que les solitudes ne font habituellement que se croiser dans les autres romans de l'auteur, ici, deux d'entre elles vont se rencontrer et cela donne encore un peu plus de profondeur au récit.
Débectine_Gorre
8

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Ma bibliothèque de romans marquants

Créée

le 23 mai 2014

Critique lue 429 fois

Plateforme

Plateforme

2

Eneeria

le 2 déc. 2022

Suivre

Le cul, c'est la vie.

On m'avait vendu: - une discussion intelligente sur le tourisme sexuel et la prostitution - un roman sensible, plein d'humanité, de vulnérabilité et de misère sexuelle - un "regard cynique sur la...

Plateforme

Plateforme

9

-Alive-

le 11 nov. 2017

Suivre

En l’absence d’amour, rien ne peut être sanctifié

En nous ruant vers la liberté sexuelle dans un désir d’individualisme, persuadé que nous y trouverions notre salut, nous avons perdu l’amour. Et le personnage Houellebecquien n’est pas tant machiste...

Plateforme

Plateforme

8

Mansfield

le 7 sept. 2014

Suivre

De la tristesse absolue à la beauté ineffable

[D'autres critiques sur mon blog : http://www.essaisparticuliers.com/] Le roman commence d'une façon tout à fait grinçante et, un peu à la manière de l'incipit de l'Etranger, le narrateur constate...

Et tu n'es pas revenu

Et tu n'es pas revenu

10

Débectine_Gorre

le 1 juil. 2015

Suivre

A jamais, pour toujours.

Inexplicablement, alors même qu'il nous confronte aux souvenirs de l'horreur des camps d'extermination que l'auteure a connus à l'âge de 15 ans, ce livre se dévore. Il est d'une puissance...

Imaqa

Imaqa

7

Débectine_Gorre

le 19 déc. 2014

Suivre

Rendez-vous en terre inconnue

Quelle agréable surprise que ce roman rafraîchissant ! Si je puis me permettre un conseil, embarquez aux côtés de Martin vers une contrée lointaine à l'époque où elle était encore une colonie...

C'est une chose étrange à la fin que le monde

C'est une chose étrange à la fin que le monde

10

Débectine_Gorre

le 24 mai 2014

Suivre

Presque rien... c'est déjà beaucoup

Je ne saurais bouder mon plaisir. La lecture de mon premier Jean d'Ormesson a été un véritable régal et le début d'une grande histoire d'amour. En plus d'une plume fine et malicieuse, j'ai trouvé...