Ça y est, c’est fini ! Les six tomes ont été engloutis aussi vite que Perdido l’a été sous les eaux.
Je me demande encore pourquoi ça s’appelle Blackwater et pas Perdido, parce qu’au final tout se passe à Perdido et la rivière principale, c’est la Perdido. Oui, il y a bien un confluent avec la Blackwater, mais c’est tout ! Bon, en y réfléchissant, Blackwater sonne quand même plus juste : ça évoque la noirceur, l’ambiance un peu gothique qui traverse tout le récit. Ça fait écho à la naissance d’Elinor, à ce qu’elle représente, à cette force sombre qui coule sous la ville et les familles. Ok bon, c’est vrai, ça colle bien à l’atmosphère du livre. Et il faut l’avouer : ça claque plus que Perdido !
Très vite, en enchaînant les tomes, j’ai compris que ces livres constituaient une véritable saga familiale. Et quelle délicieuse surprise : je suis fan de ce genre, même si j’en lis finalement assez peu. J’aime particulièrement quand elles traversent les époques, mais ici je ne m’y attendais pas du tout, car je ne m’étais pas renseigné sur l’histoire. Et là où j’ai été gâté, c’est dans l’évolution des personnages : les voir évoluer, se révéler, se construire ; observer leurs relations se transformer, progresser, se redessiner… Tout cela est au rendez-vous, et franchement, c’est un vrai régal.
Au milieu de toutes ces progressions, de ces avancées, il y a à chaque fois des bouts de vie d’un des personnages, que ce soit la petite Grace devenue grande, Frances, Sister bien sûr, Queenie… tous ces personnages secondaires, que l’on pourrait qualifier de périphériques. McDowell prend le temps, sur un chapitre ou deux, de les raconter, pour les rendre au final aussi centraux que les personnages clés. Et à travers ces vies, il nous parle directement en tant que lecteurs : ces épisodes, racontés de façon tellement simple et vraie, touchent profondément à l’humain que nous sommes. Ce sont de véritables parenthèses dans la lecture, disséminées ici et là, et c’est si joliment fait.
Et sur les premiers tomes, que dire des joutes verbales entre Oscar et Mary-Love, ou plus encore entre Mary-Love et Elinor… C’est tout simplement jubilatoire ! Et sinon, on en parle de cette façon de gérer ses affaires familiales en échangeant, transférant, donnant un de ses enfants ? Mais c’est tout simplement génial, ce concept ! (J’ai deux petits diablotins à la maison qui devraient se faire du souci…)
Au final, je comprends que la saga n’ait pas fait l’unanimité et que certains, certaines soient passés complètement à côté. Il faut dire que l’effervescence autour de ces livres a été telle… Les superbes éditions de Monsieur Toussaint Louverture, le marketing bien rôdé : tout cela a sans doute contribué autant à son succès qu’à créer des attentes parfois impossibles à combler. Forcément, il y a des déçus.
Pour ma part, je suis heureux de l’avoir lue maintenant, une fois le buzz retombé, en savourant à mon rythme… et j’ai adoré.
Oui, on peut toujours pointer quelques faiblesses : le dénouement ou la construction de l’intrigue, certaines pistes moins exploitées qu’on aurait aimé voir. mais dans l’ensemble, j’ai pris un plaisir fou à suivre cette famille haute en couleur. Je le redis pour conclure : je suis juste amoureux de la plume de McDowell !
Note attribuée à ce tome pour l'œuvre dans sa globalité