En 1939, une procession de 467 kilomètres qui durera onze jours et dix nuits, une marche sous les intempéries, à pied, dans le froid, la boue, la rosée, la pluie et le vent glacé. Sur les épaules des phalangistes repose le corps de José Antonio, fusillé à trente-trois ans, fondateur de la Phalange espagnole et pionnier du fascisme espagnol. On le conduit à l'Escorial, sépulcre des rois d'Espagne, où il reposera à jamais et où l'attend, sur le parvis, Franco, Caudillo d'Espagne par la grâce de Dieu.
Cerdà nous raconte la plus grande opération de propagande du franquisme : la fascination exercée, tout au long du parcours, par la dépouille de José Antonio, mais aussi l'épuration et la répression envers les républicains et les communistes. Chaque étape de ce long voyage est l'occasion pour l'auteur de dresser les portraits de femmes et d'hommes de tous âges, de toutes conditions, connus ou anonymes, qui ont perdu la vie ou subi la répression pour un idéal.
Le livre ne se contente pas de reconstruire ce cortège étape par étape (grâce à une documentation minutieuse : archives, chroniques, correspondances, témoignages). « Présents ! » était le cri de ralliement phalangiste Paco Cerdà l'oppose systématiquement aux « absents » , fusillés, exilés, qui sont vraiment présents tout au long du récit.
Cerdà retrace avec précision, les mécanismes de fabrication d'un régime et les vies qu'il a tenté d'effacer.