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Afin d’éviter d’être influencé, cette critique a été rédigée avant d’avoir lu toute autre critique. Je vous prie donc de m’excuser si l’on retrouve des choses que beaucoup d’autres on dit, ce que...
Ultime roman du grand Victor Hugo, Quatrevingt-treize est un récit d'une remarquable maturité doublée d'une profondeur hallucinante. Construit autour de trois personnages pour le moins pittoresques - le terrifiant marquis de Lantenac, l'angélique Gauvain et l'impassible Cimourdain - ce roman, d'une ampleur colossale, se lit comme un véritable conte philosophique. Métaphysique et contemplative l'épopée racontée se dessine lentement mais sûrement, de manière circulaire, comme pour mieux délivrer son unité intrinsèque.
Comme souvent chez Hugo les descriptions demeurent d'une densité saisissante : elles préétablissent les situations, les amenant comme de formidables moments de tension et de suspense. En ce sens le portrait pratiquement canonique de la Tourgue dans la dernière partie du roman est un authentique morceau de bravoure. Par ailleurs le passage central, articulé autour des figures historiques de Danton, Marat et Robespierre, esquisse de manière inattendue les futurs agissements de Cimourdain...
Non dénué de longueurs, parfois pompeux mais se révélant finalement grandiose et réellement efficace dans sa dernière partie Quatrevingt-treize réfute toute forme de morale réductrice ou de manichéisme lourdaud : Hugo nous laisse juger non pas des caractères mais des actes de ses personnages, dépeignant l'âme humaine dans toute sa complexité. Quant au Destin, inexorable et impitoyable, il y régit le récit comme un redoutable stratège, aussi bien sur les contrées maritimes qu'au coeur d'une forêt vendéenne. Un très grand livre, tout simplement.
Créée
le 21 mai 2016
Critique lue 1.4K fois
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