Ouvrage lu en édition française (Le Nouvel Attila).
Ceci n'est pas un spoiler, mais un avertissement : au cours des quelques 360 pages de cet ouvrage, il ne se passe (quasiment) rien - un rien qui est d'ailleurs amplement dévoilé par la plupart des résumés qu'on peut trouver çà et là, puisqu'il n'y a rien à dire sur Que notre joie demeure. Qu'attendais-je en lisant ce roman jusqu'au bout ? Le texte se veut contemplatif ; or le monde demeure tel qu'il est : vous êtes prévenus.
Bien entendu, priver le lecteur d'action et l'inviter à travers moult descriptions à se montrer plus attentif aux détails et à devenir plus observant n'est pas un mal en soi - au contraire, cette approche dilatatoire du temps pourrait même être intéressante à notre époque. Cependant, cela nécessite d'avoir une plume à la hauteur du regard de son lectorat, qui est donc particulièrement aiguisé du fait même du dispositif romanesque mis en place. Dans ce contexte, pasticher médiocrement un auteur aussi connu que Proust et parsemer le texte de références insistantes à La recherche n'était probablement pas le choix stylistique le plus judicieux.
En ce qui concerne le propos, le message politique n'est pas très subtil non plus (comme dans Querelle de Roberval, le précédent roman du même auteur, dont celui-ci est probablement un miroir).
C'est donc un texte qui est un peu "à prendre ou à laisser" - on adore ou on déteste. Comme l'écriture est très constante, je vous conseille de lire quelques pages au hasard pour vous faire votre idée.