Théophile Gautier compte parmi mes auteurs préférés, que ce soit en prose comme en vers. Et en tant qu'amatrice de fantastique, je ne peux qu'apprécier ses récits où se mêlent, dans une étreinte brumeuse, Éros et Thanatos. Considéré comme un des auteurs importants du 19ème siècle français, Théophile Gautier, est, entre autre, l'écrivain sur lequel j'ai décidé de travailler lors de mon mémoire, pompeusement intitulé "La Morte Amoureuse : Entre fascination fantastique et surnaturalité féministe, dans lequel je me suis attachée à étudier la figure féminine de Clarimonde sous l'angle de la culture païenne (et donc anti-chrétienne) et du fantastique à la fois féminin et érotique.
Gautier, présenté dans l’introduction de ses Œuvres comme « l’inventeur du second degré », manie une plume à la fois poétique, ironique et intelligente qui permet de multiples lectures de ses récits. Le fantastique de Gautier est hanté par les figures féminines que l'on retrouve notamment dans Arria Marcella, La Morte amoureuse ou encore Omphale. Ces femmes sont fatales, mais, à la faveur du doute fantastique (défini par Todorov comme étant une caractéristique du genre), elles ne sont jamais fondamentalement mauvaises ou bonnes, oscillant entre divin et démoniaque, elles échappent aux narrateurs des nouvelles et ne délivrent jamais tous leurs secrets. Ces femmes sont en général bien plus proches de certains divinités païennes antiques que de réelles succubes.
Assez peu étudié (en dehors d'une ou deux nouvelles au collège), Gautier mérite pourtant une certaine attention, de par la diversité de son œuvre et le style vif, évocateur et élégant dont il use. L’ambiguïté qui le caractérise rend la lecture de ses écrits tout à fait plaisante, voire fascinante, à l'instar des femmes fantastiques qu'il y met en scène.