J'étais partie sur un 7/10 puis, en écrivant cette critique, je me suis rendu compte que c'était relativement surnoté…
Les points forts de ce livre sont contenus dans son titre. Car certes, Françoise Sagan est un excellent personnage. Anne Berest en fait la biographie pendant l'année 1954 (année de parution de "Bonjour tristesse"), alors que cette jeune fille de bonne famille est parfaitement inconnue du public. La plongée dans le Paris des années 1950, avec son milieu littéraire prolifique, sa jeunesse policée et les premières alertes de l'abbé Pierre est particulièrement immersive. Anne Berest dresse de Françoise Sagan un portrait attachant, empreint de douceur et d'admiration. En refermant ce livre, on a indubitablement envie de se plonger dans "Bonjour tristesse". Donc on peut dire que ça marche.
Ce qui marche beaucoup moins bien vois-tu, c'est que Berest a choisi de mêler cette biographie à une auto-fiction ayant pour thème sa propre personne, sa rupture amoureuse et son processus d'écriture. Et ce volet prend vraiment beaucoup trop de place pour un si petit ouvrage. Autant Françoise est flamboyante, autant Anne est terne. Alors on se dit "zut" quand un chapitre s'ouvre sur la seconde et non sur la première. Quant aux atermoiements des auteurs sur les difficultés de l'écriture, leur rapport au personnage et au succès, etc, voilà des sujets qui au mieux me laissent froide, au pire m'agacent.
N'en reste pas moins que ce livre est un portrait attachant et réussi de Françoise Sagan, un très joli hommage à "Bonjour tristesse" et une belle peinture de la France des fifties (coucou Bardot).