Durga porte le nom d’une déesse indienne qui chevauchait un tigre, invincible, elle est celle qui protège, mais qui est féroce également.
Lors d’un voyage dans son pays natal, l’Inde, un voyant au près duquel Durga finit par se laisser conduire lui prédit qu’elle ne trouvera pas la paix et le bonheur tant qu’elle n’aura pas expier les péchés de ses vies antérieures.
Surprise dans ses certitudes, Durga entreprend une quête spirituelle sur ses origines, ses croyances, et sa foi. Jeune femme ambivalente elle aussi, Durga est emplie des traditions et de la culture de son pays, elle allie sa passion pour l’art à celle de la science, grâce à laquelle elle réalise des performances artistiques, basées sur la vision, le regard, l’oeil et la connaissance de soi. Elle vit entre divers mondes également, l’Inde de sa famille, où les traditions sont également variées et plurielles entre les régions, les Etats-Unis où elle a découvert la science et la Flandre où elle réside dans une maison pour artiste.
« Elle », c’est également son projet artistique. Se concevoir par l’art à l’a troisième personne, éprouver le fameux « je est un autre » du poète Arthur Rimbaud…mais elle réalise peu à peu que l’art est stérile seul dans cette quête, qu’il n’est fertile que dans le jaillissement de sa rencontre avec la science et la tradition, la foi, et la confiance, qui, loin d’être antinomiques, se complètent.
Sensorium est cette recherche naïve et honnête, autour de cette rencontre, de cette fusion des sens et de la connaissance.
Le récit, mené par un « Elle » neutre guide le lecteur dans les réflexions de Durga. Le roman est original, entrecoupé de courtes notes scientifiques ou anecdotiques. On s’y laissera prendre, ou pas….leur nombre rend parfois la lecture pénible et plus lente.
Néanmoins un roman frais et novateur.
E.B.