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Variations sur le craquage en milieu ordinaire. Les personnages, ni riches ni pauvres, sont ordinaires, vivent leur quotidien avec des familles ou des belles-familles ordinaires dans des pavillons ordinaires bordant des rues ordinaires, entre le centre-ville et la banlieue. Dans chaque récit l’un de ces personnages révèle une névrose plus ou moins ancienne, plus ou moins grave mais toujours obsessionnelle, exaspérante en tout cas pour celles et ceux qui s’obstinent à conserver leur ordinarité.
Ce qui rend ces nouvelles intéressantes, ce sont justement les variations, en particulier de point de vue narratif : quand on suit le point de vue du personnage exaspéré ou embarrassé par le dérapage de son/sa proche, on s’amuse de la situation ; mais quand l’autrice nous place dans la tête du/de la névrosé.e (dans “La Voix caverneuse”), le récit devient inquiétant, voire carrément angoissant. On a parfois aussi l’impression troublante que le disjonctage est contagieux, qu'il finit par être partagé (“Ça arrive toujours dans cette maison.”) Au fond c’est comme si le dérapage mental était étudié en 3D, et pas seulement en surface.
Deux réserves pour terminer: 1/ J’imagine que c'est dans un souci de rendre ses récits universels que l’autrice a gommé presque toute couleur locale: mais ma foi, celle-ci me manque. 2/ J’imagine que c'est dans un souci de rendre palpable l’ennui désespérant du quotidien que l’autrice s’est astreinte à une écriture quasi blanche; mais parfois c’est trop: “J’attends que le feu passe au rouge pour traverser” (dans “Quarante centimètres carrés”) : oui, d’accord, mais bon.
Créée
le 1 juin 2026
Critique lue 4 fois
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