Svastika
6.9
Svastika

livre de Junichirō Tanizaki (1928)

Dans l'ensemble, c'est un roman que j'ai trouvé divertissant, agréable à lire, mais qui ne propose pas à mon goût la force émotionnelle et la profondeur thématique (en l’occurrence psychologique) que j'aurais aimé y trouver.


Le sujet se portait pourtant bien à une telle richesse, mais à vrai dire, je n’ai pas réussi à m’attacher au duo de personnages principaux formé par Mitsuko et Sonoko. Dès le début du livre, le traitement de leur relation m’a paru assez peu maîtrisé – faisant un peu trop vite le pont entre simple connaissance et amour fou. Alors certes, le début du roman a pour but de représenter une relation qui est avant tout passionnelle et physique, pas sentimentale, mais je n’ai pas pu me prendre au jeu. De plus, la complexité et l’extravagance de l’intrigue, bien qu’elles fassent le sel du roman et qu’elles soient à l’origine de son aspect divertissant, n’ont pas aidé à ajouter une crédibilité potentielle à cette relation centrale qui aurait mérité un traitement moins loufoque.


L’œuvre se transforme en véritable thriller par la suite, avec l’introduction et le développement du personnage de Watanuki, qui est ma foi aussi délirant que réussi. La façon dont il manipule l’intrigue, ses pointes de folie obsessionnelles et ses méthodes non-conventionnelles (les nombreux contrats en tête) en font un protagoniste véritablement fascinant à suivre. Les différents nœuds de scénario se mêlent élégamment afin de rendre le roman véritablement accrocheur.


Malgré ça, j’ai trouvé qu’à force de s’embourber de plus en plus profondément dans ce jeu du chat et de la souris entre les quatre personnages majeurs, le livre n’hésitait plus à sacrifier pleinement le reste. Les tentatives d’émotion, de poésie – bien que présentes – restent au stade d’essai à mon goût, écrasées par les imbroglios de l’intrigue. De plus, la volonté de créer un roman psychologiquement fort tombe à l’eau en raison des extrêmes assez absurdes atteints par le scénario. Un récit agréable donc, mais pas marquant.

Cem-Sidawy
6
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le 18 janv. 2019

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Cem Sidawy

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4

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