Troisième et dernier tome de la trilogie Thrawn, Trahison voit mettre à l'épreuve le sens du devoir de notre Grand Amiral envers l'Empire et l'Ascendance Chiss. Tiraillé entre les deux, il sera observé, épié et jugé sur ses véritables motivations.


Dès le début, l'Empereur va orchestrer une réunion avec les Amiraux Thrawn et Krennic (celui de Rogue One), ainsi que le Grand Moff Tarkin. Une réunion qui ressemble plus à un concours de quéquettes entres les pontes de l'Empire. Chacun y allant de ses argument pour mettre en avant les qualités de son programme militaire par rapport aux autres afin d'espérer un meilleur budget alloué. Palpatouche qui jubile en arrière plan.


Bien que Thrawn excelle en qualité de grand stratège, il reste étranger à toute forme de manipulation politique et défend, de manière un peu gauche, que son projet de Tie Defender mérite une plus grande attention. Krennic, lui, persuadé du bien fondé de son projet Nébuleuse (l'Etoile de la Mort) s'oppose à toute forme de compromission, convaincu qu'il est qu’une sphère métallique de la taille d’une lune capable d’exploser des planètes est l’argument définitif dans toute discussion stratégique. Subtilité zéro, budget infini.


Palpatriste, évidemment, adore. Il laisse Thrawn démonter des flottes ennemies avec son seul vaisseau Chimera, pendant que Krennic fait rouler son prototype d’Étoile de la Mort sur la table en disant, en substance : "Oui mais la mienne détruit une planète d'un tir". Dans ce système, celui de l'Empire, la stratégie est optionnelle, tant que la démonstration de puissance est suffisamment obscène.


Cette rivalité offre un excellent terrain de jeu à l'auteur qui met en scène les luttes de pouvoir, la bureaucratie impériale et les calculs froids de Thrawn.



Dans la suite du roman, Thrawn va croiser plusieurs Chiss en mission (autour d'un danger qui sera commun à l'Ascendance et à l'Empire). Cette partie du récit ajoute au tiraillement du personnage. Et bien qu'il soit froid et distant, on le devine aussi diplomate discret et loyale envers les siens. Coincé entre ces deux puissances, il ne vacille pas et rend ses choix et ses victoires encore plus fascinants.



Ce que j'ai adoré dans ce livre, c'est le nombre de personnages, d'évènements qui s'entrecroisent. Et l'un des éléments de suspense qui découle de cette réunion au début du livre, c'est l'enquête qui vise directement Thrawn. Pas juste un simple contrôle de routine mais une mise à l'épreuve (politique). L'enquête est mené par un homme, Ronan Brierly, directeur adjoint de l'Amiral Krennic (et aussi son plus grand admirateur, il porte la cape comme Papa), qui incarne à lui seule toute la rigueur bureaucratique. Une tête à claque mais on lui trouve quelques côtés touchants par moment (il reste fidèle à l'Empire et sait reconnaitre ceux qui le servent au mieux).


Entre cette enquête, les Grysk et la trahison d'un autre Amiral, autant de tensions qui garde notre intérêt et notre attention éveillé tout le long de notre lecture. Trahison possible, trahison démasqué, trahison suspecté, trahison brisé, trahison martyrisé ! mais trahison libéré !



Je n'ai pas mentionné le retour d'Eli Vento (à mon sens, peut-être le personnage le plus intéressant du premier tome). Nous l'avions quitté alors qu'il rejoignait l'Ascendance. Dans Trahison, on le voit évoluer, plus efficace, plus autonome. Il devient le pont entre l'Ascendance et l'Empire (même si Ronan n'hésitera pas à le voir uniquement comme un traitre).



Thrawn, ou l’art rare de faire grandir ses subordonnés.

L’une des qualités les plus marquantes de Thrawn n’est pas seulement son génie stratégique, mais aussi sa capacité à faire évoluer des personnages placés sous ses ordres. Là où l’Empire fonctionne par peur, compétition et écrasement hiérarchique, Thrawn, lui, observe, teste, corrige et élève (pour les grandir). Et, cette fois, c'est la Commodore Karyn Faro qui m'a impressionné. Ancienne subordonné d'Eli Vanto, on la retrouve ici bien plus compétente, avec une capacité à comprendre de manière situationnelle, sachant s'adapter, en analysant et observant.



Aussi, sur les batailles spatiales, elles sont lisibles, bien décrites, chaque mouvement a un but précis, rien n'est gratuit ni improvisé. On comprend pourquoi une manœuvre fonctionne. Chaque action est pesé par un calcul avant décision prise bien en amont. Des combats très agréable à lire.


Difficile de tout mentionner (trop de chose que j'ai aimé dans ce livre). On découvre un peu plus les Chiss, les navigatrices (les skywalker) et leur "vision", on a envie d'en savoir plus encore.




Un point peut être que je regrette. L'absence de début d'une romance (entre Eli Vanto et une Chiss par exemple. J'avoue, un instant, j'y ai cru. Mais pas trop le genre de la maison et encore moins de l'Empire)



Et pour finir, le lien directe à la fin du livre avec un évènement de Rebels.


Au final, de cette trilogie, Trahison m'a le plus comblé.

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le 3 janv. 2026

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