Mai 2015. La saison de la chasse aux tornades est ouverte aux États-Unis. A cette occasion, Simon Fichet, reporter pour l’émission « 13h15 le week-end » sur France 2, se voit proposer la réalisation d’un reportage sur le sujet. Galvanisé à l’idée de vivre un road-trip américain et par le souvenir du film Twister de Jan de Bont, Simon accepte de le couvrir avec son collègue Alexandre Paré et deux météorologues, Lætitia et Mathieu. Mais très vite, il se laisse gagner par l’inquiétude ; celle de ne pas ressortir vivant de cette chasse, de se faire dévorer par un de ces monstres venteux. Une inquiétude qui le poursuit jusque dans son sommeil. Le chasseur devient alors la proie.
Tornade est le récit journalistique, presque le road-book, des onze jours de Simon Fichet dans la Tornado Alley. L’auteur y décrit les heures passées sur les aires de repos à scruter le ciel, les centaines de kilomètres engloutis chaque jour, les trajets dantesques sous des trombes d’eau ou un déluge de grêle. Mais ce qui structure le récit de Simon, ce sont les apparitions retardées des tornades. Pendant une grande partie du livre et de son voyage, la confrontation physique entre lui et « eux » est sans cesse avortée. La chasse se déplace alors sur le terrain de l’imaginaire : Simon cauchemarde, la tornade devenant son boogeyman. Un paradigme qui fait tout l’intérêt de Tornade, un texte proposant une vision anxieuse de la chasse aux tornades, loin des représentations spectaculaires que le cinéma nous offre.