Je me suis lancée dans cette lecture avec beaucoup d'à priori, j'en ressors très émue.
Tout d'abord, l'écriture m'a surprise. Le style limpide va droit au cœur. C'est ce genre de phrasé simple dont on se dit qu'il coule de source mais qui nécessite bien plus d'heures travail qu'il n'en a l'air.
L'histoire ensuite m'a happée ; surtout celle concernant la relation mère/fille. Elle débute avant même l'arrivée de l'enfant et se termine au grand âge de la mère.
Christine Angot a su si bien décrire cet amour incommensurable du petit enfant pour celle qui lui a donné la vie. Ces passages rappelleront bien des souvenirs heureux à de nombreuses mamans (et sûrement des papas d'ailleurs ...). On y retrouve ces instants magiques de l'enfance tout en évitant l'écueil d'une narration empreinte de mièvrerie.
Mais j'ai surtout été séduite par la volonté de nous raconter l'évolution complexe de cet amour impossible après l'adolescence. Durant ce long moment qu'on appelle "l'âge adulte", cet amour se nourrit de colères, de silences et de retrouvailles, il plie mais ne cède pas. Une relation douce amère à l'image de tant d'autres.
Bien sûr d'autres aspects sont évoqués dans ce livre tel que l'impact psychologique de la relation incestueuse avec le père, le besoin de s'affranchir et de se reconstruire après cela pour être enfin "libre". Mais étant donné que ce ne sont pas ceux qui m'ont le plus intéressés je préfère laisser d'autres les évoquer dans leur critique.
Pour conclure, je dirais que je considère ce livre comme un sublime chant d'amour maternel et à ce titre je le recommande chaudement.