J'ai pas aimé. Il y a de brefs passages que j'ai trouvé véritablement beaux, bien écrits, justement délivrés. Mais la somme totale du texte m'a impatientée, agacée avec toutes ses formules stylistiques répétitives, interrompues, supposées communiquer le cheminement de pensée qui va d'un sujet à l'autre et retranscrire la puissance des émotions de l'auteur.
J'y ai seulement lu une forme d'expérimentation littéraire très à la mode (je la retrouve par exemple chez Fatima Daas, j'aime pas trop non plus). Ca se veut à fleur de peau mais pour moi ça manque précisément de chemin biographique et d'introspection qui fait survenir les moments qui ont du sens, pas juste tout ceux que ses traumatismes lui ramènent à la mémoire. Ca a quelque chose de voyeuriste sans la pertinence sociologique ou littéraire d'un Retour un Reims ou d'En finir avec Eddy Bellegueule (qui frôlait ce genre de défaut lui aussi mais qui, à mon avis, s'en sortait mieux).
Le portrait qu'il fait de son Amérique, pauvre, abandonnée, droguée à la surconsommation et au fentanyl, m'en dégoûte encore un peu plus, mais ça au moins je le trouve assez réussi.
Je n'ai pas trouvé de splendeur dans récit autobiographique et seulement un peu de beauté.